Archive for juin, 2007

J’ai une toune dans la tête…

Publié dans Divers le juin 28th, 2007

Et c’est pas la meilleure. C’est celle qui commence par : « Albator, Albator, Du fond de la nuit d’or »! J’en ai évidemment entendu des pires, mais j’ai rarement été aussi soumis à une seule chanson aussi souvent en très peu de temps. Albator, Albator, De bâbord à tribord 

C’est qu’on avait quelques jours plutôt relaxes en vue et on a eu l’ingénieuse idée d’aller louer des séries télé. Bien, disons d’envoyer ma blonde les chercher : je ne suis pas encore remis de ma fracture et la marche d’ici au club-vidéo est au-delà de mes forces, surtout par une chaleur comme nous subissons depuis quelques jours. Albator, Albator, le corsaire de l’espace Pour elle-même, ma blonde a loué la série Bones, et je lui avais donné quelques instructions pour moi, pensant me retrouver avec les deux premiers DVD d’une série de mon enfance du genre Albator. J’ai été marqué par cette émission alors que j’étais très jeune, mais depuis je ne l’avais jamais revue. Me voilà servi! Albator, Albator, Même si tu parais de glace Mais une petite surprise nous attendait tous les deux lorsqu’on s’est arrêtés à y regarder de plus près.  

Dans le cas de Bones, la série comprend 22 épisodes durant chacun près d’une heure. Je doute fort qu’elle parvienne à tous les écouter pendant la semaine où les DVD nous sont alloués. En fait, il lui faudrait enfiler 3 épisodes par jour, ce qui est un peu compliqué. De mon côté, j’ai plus de temps – fracture oblige – mais la commande est tout aussi gigantesque. Le bel Atlantis est ton vaisseau, Le pavillon noir est son drapeau Contrairement à ce que j’anticipais, ça n’est pas les deux premiers DVD de la série Albator que j’aurai à me taper, mais bien la série en entier, c’est-à-dire tous les 42 épisodes! Je conçois que ceux-ci ne durent à peine plus de vingt minutes, mais après seulement deux jours d’écoute, je suis en train de faire une overdose du capitaine « au cœur d’or ». En moyenne, il me faudra écouter six épisodes par jour si je veux la terminer d’un seul trait. En tenant compte du générique de début et de fin de chaque épisode, cela fait 12 écoutes de la chanson par jour! Ce n’est donc pas surprenant que, même après avoir éteint la télévision, je continue de l’entendre partout!  

À ma première tentative, je n’avais réussi qu’à passer au travers de cinq épisodes. C’est loin d’être mauvais, mais le rythme y est épouvantablement lent et les voix de certains personnages, particulièrement Alfred, me font grincer des dents. Albator, Albator, Avec ton équipage Sans oublier, non plus, toutes les scènes où Stellie, l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petite fille de Marge Simpson (elle a les cheveux bleus!), joue d’un instrument dont je n’arrive pas à retenir le nom mais qui finit par être insupportable. Albator, Albator, Tu prends à l’abordage!

Mais ce soir, j’ai décidé de faire du rattrapage. Je viens de constater que j’ai enligné rien de moins que 9 épisodes d’un seul jet! Pas étonnant que la phrase « Le bel Atlantis est ton navire » me trotte dans la tête depuis tantôt! Neuf épisodes de suite! Albator, Albator, Capitaine au coeur d’or Moi qui ai d’énormes difficultés à m’endurer assis devant la télé pendant plus d’une heure ou deux, voilà un exploit qui mérite… de ne pas être réédité! Ah, je crains de rêver à Nausica dans son wet suit rose, ou bien à Cléo, la femme sans bouche qui boit tout le temps du vin! Albator, Albator, Bien plus fort que la mort!

Quel marathon! J’ai déjà fait des cauchemars pour moins que ça! Vivement que Peter Jackson nous en fasse un remake sous la forme d’une trilogie de trois films (je spécifie parce que Sylvester Stallone ne semble pas avoir compris ce qu’est une trilogie) de cinq heures chaque! Bah, en autant qu’il ne nous tapisse pas la même musique mur à mur! Je l’entends déjà, que dis-je, déjà… encore!  

“ Tu es toujours au rendez-vous, N’importe quand, n’importe où, Tu es toujours au rendez-vous, Toujours avec nouuuuuuuusss ”

Bonsoir, bonne nuit.

Enfin finie…

Publié dans Divers le juin 26th, 2007

Ce soir, on a terminé de regarder la série télévisée Six Feet Under. Dernier épisode, dernière saison. Oufff! La série n’était pas mauvaise, bien au contraire, quoique seules les deux premières saisons ont été du plus haut calibre. La cinquième aura été meilleure que la quatrième, fort heureusement. Malgré tout, je me réjouis de ne plus avoir à me taper d’autres épisodes. Je n’ai pas détesté l’émission, bien entendu, mais il était plus que temps que je cesse ces « marathons de la mort » qui laissaient en moi une marque un peu trop sentie.  

Le grand problème avec une série télé, c’est qu’elle est faite pour la télé, justement. La visionner « en direct » sur le petit écran, que ce soit à un réseau américain ou autre, et même à une chaîne spécialisée, implique d’avoir à subir de multiples coupures afin de noyer notre cerveau sous une mer de publicités. La série Six pieds sous terre fut difusée en français au canal Séries Plus, qui se prétend être une chaîne spécialisée en séries de tous genres. J’ignore qui ou comment décide des coupures à imposer pour l’insertion de commerciaux, mais à Séries Plus, ils en ont fait un art, dans le plus mauvais sens que le mot puisse avoir. Oh, il ne suffisait plus d’enregistrer l’émission et de sauter les annonces pour oublier le problème. C’est que, pour chaque épisode diffusé sur ce canal, les pauses survenaient toujours au beau milieu d’une scène, voir même d’une phrase, et pire encore, d’un mot! Voilà comment on peut faire rimer divertissement et imbécillité. Suffisait d’y penser!  

Une seule saison de cet insupportable enfer m’aura suffi. Même si j’appréciais peu le fait de louer une série de 13 épisodes et de l’enfiler en l’espace de quelques jours, j’y trouvais plus de plaisir qu’à regarder le travail de boucherie effectué par les génies de Séries Plus. C’est donc encore une fois via la location de la série en DVD que nous sommes finalement parvenus à en compléter la consommation visuelle, entendez, la vision.  

Mais regarder une série qui porte aussi profondément sur la mort implique forcément des effets secondaires. Du moins, pour moi. J’ignore si cette série en est directement responsable, mais depuis environ deux ans, je vis des crises d’insomnie où des pensées sur la mort viennent en quelque sorte hanter et bouleverser mes tentatives de sombrer dans le sommeil. Bon, j’arrondis un peu puisqu’il m’arrive quand même de faire de l’insomnie sans songer à ce sujet aussi lourd. N’empêche : chaque fois que nous avons loué l’une ou l’autre des saisons de Six Feet Under, mes nuits ont été plus perturbées qu’à l’habitude puisque hantées par des scènes marquantes, un débat pseudo-philosophique sur la mort ou tout autre traumatisme touchant de près ou de loin à celle que les Français appellent la Camargue ou La Grande faucheuse. Notez, je préfèrerais de loin faire de l’insomnie en étant inondé d’images érotiques ou même de comptage de moutons (non-érotiques, ceux-là), mais on ne choisit pas le cinéma de son manque de sommeil. Sur l’écran blanc de mes nuits, comme l’a écrit je ne sais plus qui je ne sais plus où, on joue continuellement Mort à Venise et tous ses remakes. Tout ça gratis, et sans pop-corn. Le Festival de Cannes en quelque sorte, mais tenu par des croque-morts.  

Pourrais-je retrouver le sommeil maintenant que j’en ai fini avec cette série? J’en doute fort, mais il m’est permis de rêver, non? Si, réellement, l’émission a servi de point de départ à ce traumatisme nocturne, sa fin ne viendra certainement pas boucler la boucle. Le processus insomniaque est entamé et il est plus fort et plus intense que n’importe quelle série de fiction. Vivement qu’un producteur ose et nous sorte une série de comptage de moutons! Il peut même la diffuser à Séries Plus, je les autorise à couper où ils veulent. Je n’aurais qu’à faire installer le câble dans notre chambre, et le tour est joué!  

Mais pour ceux qui n’ont aucun trouble de sommeil et qui sont assez blindés pour que des pensées sur la mort ne vienne hanter leurs nuits, je vous conseille Six pieds sous terre comme remède à l’ineptie télévisuelle dont nous sommes présentement affligés. Bien qu’inégale à compter de la troisième saison, la série est percutante, drôle et diablement efficace. À l’image du film American Beauty, scénarisé par Alan Ball, qui a ensuite créé Six Feet Under. Les deux premières saisons sont absolument inoubliables, et comptent parmi les plus grands moments de télévision qu’il m’ait été permis de visionner. Mais de grâce, évitez de les regarder à Séries Plus. Ils ont tendance à couper au mauvais moment. Vous voulez un exemple? Tenez : c’est comme si je coupais cette phra…  

… driez rien, n’est-ce pas?

Quand ça n’intéresse personne…

Publié dans Divers le juin 21st, 2007

Je viens de voir la toujours très insignifiante « Bonne nouvelle TVA ». Celle-ci portait sur un Salon ou un Forum dédié aux gens à mobilité réduite, ceux-là même que la rectitude politique nous conseille d’appeler gens du troisième âge et personnes à mobilité réduite plutôt que vieillards et handicapés. Est-ce cette même rectitude politique qui a empêché TVA – ou tout autre réseau de télévision – de ploguer dans son bulletin de nouvelles ou dans sa fabuleuse Bonne nouvelle TVA le Forum mondial sur l’excision? Pourtant, les deux Forums dont il est question ici ont eu lieu au même endroit, à savoir une des salles (peut-être la même) du Palais des Congrès de Montréal. Encore pourtant, les deux Forums ont envoyé moult quantité de communiqués de presse aux médias de la province. Pourquoi alors n’a-t-on parlé que du Forum sur les gens à mobilité réduite?  

Le Forum mondial sur l’excision dont je parle a eu lieu il y a deux ans, peut-être trois. Qu’importe. Le fait est que j’y étais. Je l’ai même filmé. J’étais arrivé très tôt le matin, pour pouvoir m’installer convenablement, et en voyant la taille de la salle réservée et le nombre de chaises dans la place, je me suis dit que ça allait être énorme. Je me suis retrouvé à être un des premiers médias « officiels », et fort étrangement, l’un des seuls. La conférence a commencé alors qu’il y avait très peu, mais alors là, très peu de gens. On a demandé à tous ceux présents d’occuper les premières rangées et nous avons tous obéi sagement. Mais de regrouper les gens a eu pour effet de nous montrer à tous combien de sièges étaient réellement vide. J’estime à moins de 20% la proportion des places occupées, peut-être même moins de 15%. À neuf heures le matin, cela semblait sans importance, et plusieurs se sont dits comme moi que les vrais médias arriveraient sans doute avec un peu de retard.  

Mais le temps a passé et il y eut très peu de nouveaux visages. Le contenu de la conférence n’était pourtant pas anodin! Certes, il y a eu beaucoup de bavardage, mais ça n’enlève rien au problème. Et puis, si les médias ne sont attirés que par les images spectaculaires, ils ont manqué le bateau et pas à peu près! Nous avons eu droit à un diaporama très détaillé sur l’excision. Je n’ai évidemment rien manqué de ces images, en caméraman consciencieux, mais personne ne peut demeurer insensible à la vue d’horreurs semblables. Et pourtant, j’avais une vaste expérience en images d’horreurs, m’étant tapé des images d’archives nazies qui hantent encore mes cauchemars. Mais malgré ce diaporama rempli de gros plans d’appareils génitaux féminins complètement ravagés, du cadavre d’un enfant mort-né sitôt « sorti » (façon de parler) du vagin recousu (et mal) de sa mère, et d’autres tout aussi inoubliables, les seuls médias que j’ai vu se présenter furent des gens de la radio. La radio!!! Aucune caméra autre que la mienne et celle d’un ou deux individus participant au Forum n’est venue capter ce contenu non-canadien mais ô combien humain. Radio-Canada n’a dépêché qu’un journaliste de la radio. TVA, qui pourtant adore se nourrir de gros drames humains, n’a même pas envoyé un reporter tandis que l’hélicoptère du réseau était trop occupé à filmer les piscines des banlieues. Quant à TQS, personne n’a songé à mettre Jean Lajoie sur l’histoire, lui qui perd connaissance sitôt qu’une grand-mère voit son chien se faire écraser. Seuls quelques représentants de différentes radios, ainsi que plusieurs membres d’Organismes Non Gouvernementaux, étaient présents sur les lieux, en plus évidemment des gens de la communauté africaine dont certains avaient même fait le voyage depuis Winnipeg, l’Europe et l’Afrique.  

Mais qu’aurait-il donc fallu pour que ce Forum, nécessaire et même vital, en arrive à intéresser les grands réseaux? Eux qui raffolent pourtant d’histoires juteuses et de drames en tout genres, pourquoi ont-il boudé le Forum sur l’excision? En principe, il leur convenait admirablement. Je ne veux rien enlever à ceux qui ont participé au Forum sur les gens à mobilité réduite. Mais je m’inquiète qu’on accorde plus d’importance à ce Forum qu’à celui sur l’excision. Je cherche surtout à comprendre.  

Il va sans dire qu’une personne à mobilité réduite vit un drame certain. Il est important de voir à améliorer la vie de ceux qui sont dans un tel état, et donc, je comprends parfaitement qu’on en parle même si je trouve qu’on pourrait probablement nous le communiquer autrement plus efficacement que dans l’insipide Bonne nouvelle TVA. Mais toute femme qui a subi l’excision de son clitoris, ou qui vit dans la peur d’un jour devoir être excisée vit elle aussi un drame qui va fort changer sa vie et celle de plusieurs autres. Il est inconcevable qu’encore aujourd’hui, il faille attendre qu’une femme soit menacée d’expulsion et craigne de retourner dans son pays d’origine de peur que sa fille y soit excisée pour se décider de parler de l’excision. D’ailleurs, cette seule nouvelle a fait plus jaser récemment que le fameux Forum mondial sur l’excision auquel j’ai assisté. Grand bien fasse qu’on ait parlé de cette femme puisque notre gouvernement est revenu sur sa décision et elle ne sera plus expulsée. Mais pourquoi alors avoir choisi d’ignorer le Forum sur l’excision? N’était-ce pas assez dramatique au goût des grands diffuseurs?  

Se peut-il que ce soit autre chose? Comme un mal plus profond, plus sournois, et qui ronge encore notre société jusque dans le fonctionnement de nos médias? Et si c’était des hommes qui se faisaient mutiler le pénis? En parlerait-on plus? Ou même, s’il était encore question d’excision, mais qu’au lieu d’Africaines, ce soit des occidentales blanches qui le subissait? Sans doute en parlerait-on depuis fort longtemps, et beaucoup plus souvent. Hélas, celles qui subissent cet acte inqualifiable ont deux choses qui jouent contre elles : ce sont des femmes et elles sont noires. Comme je voudrais avoir tort dans mon argumentation, mais à ce stade-ci, je garde fort peu espoir de me faire convaincre du contraire.  

Et pendant ce temps, Jean Lajoie mouille son slip en nous présentant un citoyen du troisième âge faisant du jogging tous les jours, TVA nous assure que Ginette Lafleur qui travaille au McDonald’s de Trois-Rivières depuis 36 ans est une Bonne nouvelle et Radio-Canada organise des concours de chant et de danse afin de s’assurer de garder une partie de l’auditoire de bonnes femmes généralement branchées sur TVA…

O comme “oups”…

Publié dans Divers le juin 21st, 2007

Dans notre plus récent dictionnaire, le truculent Petit Larousse Illustré 2007, on m’assure qu’il y a plus de 150 000 définitions et pas moins de 5 000 illustrations incluant un cahier illustré par Moebius sur le passionnant voyage des mots. Je n’irai pas vérifier en comptant chacun des mots, mais il me semble pourtant qu’il en manque. C’est que cette semaine, ma blonde cherchait à savoir la signification du mot « ondinisme » et elle paraissait bien désemparée que l’encyclopédie ambulante pour laquelle tout le monde me prend ignorait la définition de ce fameux terme. Il était donc naturel de se tourner vers le dictionnaire afin de constater, à notre grand désarroi, que le mot « ondinisme » ne s’y trouvait pas. Ni non plus, d’ailleurs, aucun autre mot commençant par la lettre O.  

Il en manque d’ailleurs un peu plus que la lettre O. Tous les mots compris entre non-figuration (n.f., ART. MOD., Art abstrait) et parafiscale, e, aux (adj. Relatif à la parafiscalité) sont tout simplement absents de ce dictionnaire, qui passe directement de la page 736 à la page 785. Voilà qui est assez perturbant. Victimes de cet enlèvement étrange de la lettre O, nous avons eu à nous tourner vers la version 2006 de ce même Petit Larousse Illustré, où nous n’avons malheureusement pas aperçu le terme ondinisme. Seul, le mot ondine fut en mesure de nous apprendre ce dont je me doutais déjà, à savoir que cela concerne un Génie des eaux, dans les mythologies germanique et scandinave. C’est que je me rappelais avoir lu une pièce de théâtre intitulée Ondine, écrite par Jean Giraudoux ou Jean Anouilh, que je mêle régulièrement.  

Me voilà donc dans l’incapacité de vérifier l’orthographe et la signification des mots ontrassieux, ouidaire, olimarin et orthéphage, d’autant plus que je viens de les inventer à l’instant. Du moins, selon le programme Microsoft Word, qui n’a même pas un mot de remplacement à me suggérer à la place d’ontrassieux! Quelle scène ontrassieuse!!! Et puis, qui sait? Peut-être un de ces mots se trouve-t-il entre les pages 737 et 784 du Petit Larousse Illustré 2007, ce qui signifierait malheureusement que je ne suis pas le paternel de ces jolis mots sortis tout droit de mon imaginaire.  

Même si je devais m’en tenir aux mots qui existent sans moi, je viens de perdre LE point de repère (…) qui m’assure que odésespoirer n’existe pas, même si le Cid de Corneille passe son temps à gueuler : « Ô rage, ô désespoir »… Comment, dès lors que le mot manque à mon dictionnaire, puis-je savoir qu’une orchite est une inflammation des testicules? Ou bien devrais-je simplement me questionner à savoir pourquoi je suis au courant de ce qu’est une orchite, de toute façon?  

Cela m’amène à un autre questionnement. Mon dictionnaire ayant décidé de me faire faux bond, je dois donc me trouver une meilleure source de renseignements et d’apprentissage. Est-ce là le rôle d’Internet? Possible. D’ailleurs, je suis surpris que des dictionnaires traînent encore chez moi. Ne sont-ils pas, un peu comme les otaries, une espèce en voie de disparition? Mais je me trompe peut-être sur le cas de l’otarie, voilà un mot qui commence justement par la lettre O… Enfin, revenons à l’Internet. Sans doute existe-t-il des programmes ou des sites encore plus complets que de véritables encyclopédies de papier. Dans ce cas, que fais-je donc avec un dictionnaire? Je dois être à contre-courant! Tiens, je me demande si les classes des écoles secondaires contiennent encore des dictionnaires, ou bien chaque bureau est-il équipé d’un ordinateur, d’une connexion Internet et d’un étudiant tapant 220 mots/minute?  

Mais si mon dictionnaire peut faillir à sa tâche, c’est aussi le cas de l’Internet ou de tout programme que ce soit, non? Sans doute existe-t-il un virus capable d’attaquer une encyclopédie qui serait installée sur un disque dur. Dans ce cas, il n’y aurait pas que la lettre O qui serait en danger. D’ailleurs, le programme Microsoft Word installé sur mon ordinateur me garantit posséder parmi ses outils un dictionnaire des synonymes. Après avoir fonctionné quelquefois, celui-ci « crashe » désormais à chaque utilisation. Mon vrai dictionnaire des synonymes, fait d’arbres et de papier de toilette recyclé, n’oserait jamais me jouer un tour semblable. Au pire, il viendrait s’écraser sur mon pied, provoquant instantanément une suite de sacres dont chacun serait le synonyme du précédent!  

Il me semble d’ailleurs que j’en connais un fameux, commençant par la lettre O. Os… la suite ne me revient pas. Sans doute se trouvait-il à la page 765 du dictionnaire fautif, introduit sous l’expression « Québec », comme sous le mot poutine, que l’on assure être un Mélange de pommes de terre frites et de fromage en grains arrosé de sauce chaude. Si la définition n’offre pas de meilleures spécifications quant au type de sauce utilisée (béchamel? Caramel? Coulis aux fraises? Carbonara?), elle a tout de moins l’avantage de sembler plus appétissante malgré tout que la seconde définition du mot poutine : Acadie. Poutine râpée : préparation faite de boulettes de pommes de terre râpées farcie de viande de porc et bouillies. Bouillies!!! C’est absolument orripileux, orkmatique et ouache-dégueu!

Moi, mes $oulier$

Publié dans Divers le juin 19th, 2007

S’il vivait encore aujourd’hui, je serais curieux de savoir ce que le grand Félix (Leclerc) aurait à dire de notre fabuleuse société de surconsommation. Il aurait sans doute écrit une chanson-choc afin de tenter de nous secouer et à n’en point douter, il aurait certainement tapé dans le mille. Mais cela n’arrivera pas, et tout ce que l’on peut faire, au mieux, c’est de revoir une des siennes afin de l’adapter au mieux de notre capacité. C’est évidemment ce que j’ai fait, avec “Moi, mes souliers”, ré-écrite par l’anarchiste que je suis à la sauce ironico-narquoise (meilleure que de la béchamel, parole!).

Moi, mes souliers

Moi, mes souliers ont été fabriqués

Dans des pays où règne la misère

Ils m’ont coûté une somme pas volée

Plus de cent balles la paire.

 

Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé

Moi, mes souliers ont traversés les dunes

Puis mes souliers sont enfin arrivés

Et fait souffert plus d’une…

 

Sur mes souliers y’a d’la sueur d’enfant

Un peu de sang et des pleurs de femmes

J’peux dire qu’ils ont plutôt fait travailler

Des gens privés d’leur âme.

 

S’ils ont souffert malgré ce beau métier

S’ils ont sué comme de pauvres gens braves

J’pense pas à eux quand je fais mon marché

Ces pauvres bouts d’esclaves.

 

Tous les souliers montés à l’étranger

Par des chinois ou de petites indiennes

Ne s’ront pas fait chez nous à Mont Laurier

Mais en terr’ mexicaine.

 

Moi, mes souliers m’ont coûté une fortune

Moi, mes souliers ne valent pas un cothurne

Quand mes souliers se seront trop usés

J’irai encore m’en procurer.

 

Au Canada, paraît-il, mes amis

C’est pas la place pour faire de gros profits

Dépêchez-vous d’exploiter l’étranger

Si vous voulez être fortunés…

…Si vous voulez être fortunés.

 

 

Le steak aux oeufs

Publié dans Divers le juin 1st, 2007

Non, cela n’a rien à voir avec le bœuf aux choux, non plus que les truites au caramel. Aucun rapport non plus avec les chips aux papillons. Quoiqu’on en pense, pas de lien non plus avec les mister-freeze qui goûtent le gaz ou la lasagne qui joue du piano. Et bien que ce fût un steak, celui-ci n’avait aucun lien de parenté avec la gomme au steak et encore moins avec la gomme en bois. Je ne veux pas parler ici des Denis Drolet, mais du restaurant portugais « Doval », où j’ai pu savourer – le mot est peut-être un peu fort - un repas digne de l’univers des hommes en brun : un steak aux œufs!  

Ce n’était pourtant pas ma première escapade dans l’univers gastronomique du Portugal, mais ce fut de loin ma plus renversante. Comme souvent, lorsque je vais dans un resto, le menu était plus limité pour moi que pour la majorité des gens. C’est malgré tout rarement un problème, et ce soir, malgré un choix plutôt restreint, j’avais quand même le choix entre deux steaks, une côte de bœuf, une côte de porc, des côtelettes et un autre plat dont je n’arrive plus à me souvenir. Mon choix s’est donc arrêté sur le steak dit « à la portugaise ». J’imaginais toutes sortes de choses, allant des épices exotiques à  l’accompagnement de légumes tous plus inventifs les uns que les autres sans oublier le riz ou les patates, banal mais ô combien populaire. Il n’en fut strictement rien. Un confit de champignons ou un accompagnement de pommes à la rhubarbe m’eut moins surpris que ce qu’on me servit finalement. Lorsque le plat arriva, je remarquai d’abord les frites, puis le steak en question. Sur le morceau de viande gisait un truc d’origine douteuse, cuit et que l’on n’associe généralement pas avec le mot « steak » : un œuf! J’en suis resté bouche bée pendant un long moment.  

Évidemment, allergie oblige, j’ai « remové » (en franglais dans le texte) l’intrus en le divorçant de force d’avec mon repas principal. « À la portugaise » voulait dire avec un œuf! Délirant! Je ne peux donc même plus faire l’amour « à la portugaise », vous parlez si c’est déprimant… Enfin, j’ai longuement hésité : manger le steak ou faire une scène, mais mon estomac criant famine, j’ai dû céder à ses requêtes de becquetance urgente. Et puis, j’étais inquiet : si je retournais le plat et que j’exigeais d’avoir une côte de bœuf, elle me serait peut-être arrivé trempant dans la bière? Aucune chance à prendre, donc. J’ai coupé un morceau de viande et l’ai senti. Horreur! Il empestait l’œuf à plein nez! Comme l’objet de mon allergie couvrait la viande dans son entièreté, il m’était impossible de « contourner » le problème. J’ai finalement goûté le steak, qui sans être mauvais, avait néanmoins le goût de l’œuf, enfoui loin dans ma mémoire gustative. Ce goût, sans être celui de l’œuf que l’on mange entièrement, est tout de même associé dans mon souvenir à celui de l’œuf dans une certaine mesure. Peut-être était-ce le goût du blanc d’œuf? J’imagine qu’au fond, j’ai été chanceux que l’œuf n’ait pas été « crevé ». J’ai d’ailleurs craint de le faire moi-même par accident en tentant de le décoller de ce qui allait malgré tout être mon repas.  

Rapidement, j’ai réalisé que non seulement je goûtais l’œuf à chaque bouchée, mais que mon morceau de viande avait cuit en même temps et sur la même plaque. Littéralement, ce produit avait été en contact avec des œufs! Qui plus est, en contact direct. Inutile de dire que j’ai évidemment eu une réaction allergique. Deux heures plus tard, en plein cinéma, les étourdissements ont commencé avant de céder leur place à un mal de ventre dont je ne doutais pas un instant la cause. Depuis, je passe de joyeux moments à faire vous-savez-quoi, vous-savez-où. Je vais m’en souvenir, de ce fameux « à la portugaise »!  

Comme si le plat à lui seul n’était pas assez absurde, le serveur a décidé d’en remettre. Mon repas était accompagné d’une salade servie dans un récipient à part. Celle-ci n’étant pas extraordinaire, j’y avais très peu touché. Au moment de ramasser mon assiette alors que je ne mangeais visiblement plus, le serveur est d’abord parti avec ma salade. Puis, il est revenu et me l’a mis sous le nez, en exigeant que je la mange! J’ai eu beau argumenter que j’étais fort plein, il a insisté en argumentant qu’après le repas, « c’est toujours bon de la salade » avant de me tourner le dos, me laissant en tête à tête avec la salade… et l’œuf! Je craignais qu’à son retour, il ne prenne l’œuf et me le foute directement dans la gueule en me menaçant de me priver de dessert si je ne finissais pas toute mon assiette. Quel service!  

Difficile de faire plus absurde! À moins d’aller manger du pâté de chien, des côtes de rastron, des croupions de dinde et des choux-fleurs à la merdre chez la Mère Ubu!!! Mais ça sera pour quand j’aurai le goût de manger « à la polonaise »!