Archive for juillet, 2007

Funeste pressentiment

Publié dans Divers le juillet 31st, 2007

Ceux qui me pratiquent depuis assez longtemps savent que j’ai un petit côté incontrôlable et qui refait surface une fois de temps en temps, question de me mettre dans une position où je ne comprends rien à rien. Il s’agit bien sûr de certains pressentiments qui ont l’étrange tendance de se concrétiser. Pas question de tous les énumérer ici, mais ceux-ci tournent souvent autour de la mort, thématique dont je viens à peine de saisir qu’elle forme le point commun de la grande majorité de ces « visions », pour ne pas dire toute la gamme au grand complet.  

La dernière en date me laisse assez perplexe, encore une fois. Il y a quelques jours, autour de vendredi, je crois, j’ai ressenti une nette impression que le monde du cinéma allait perdre plusieurs membres importants en l’espace de très peu de temps. Oh, ça ne paraît jamais aussi clairement tout de suite. Ça commence d’abord par une impression vague accompagnée de pensées incompréhensibles, puis ça joue à se répéter en boucle. Quand je me rends compte que mes pensées sont soudainement occupées uniquement par ces impressions que je ne contrôle pas, j’essaie de penser à autre chose, mais cela ne chasse à peu près jamais les pensées étranges qui m’habitent alors depuis quelques instants. Il est difficile d’interpréter clairement ces images ou émotions qui sont vagues, même si elles finissent toujours par devenir un peu plus claires.  

Or donc, vendredi, il m’est venu cette étrange impression que le monde du cinéma allait connaître des deuils répétitifs. J’ai pris la chose avec un grain de sel, comme souvent, en me disant qu’Hollywood allait sans doute perdre quelques vieux croûtons de l’ère du muet, des noms dont personne ne se souvient mais qu’on ne lasserait pas de nous raconter la filmographie aux nouvelles. Évidemment, ça ne s’est pas tout à fait déroulé de cette façon.  

Ce matin, j’apprends avec un certain effarement le décès du réalisateur Michelangelo Antonioni. Pas que ce soit surprenant – il était âgé de 94 ans – mais voilà un autre monstre sacré du cinéma qui s’éteint en l’espace de quelques jours. Depuis dimanche, le réalisateur entres autres de Blowup est le troisième important personnage du septième art à disparaître, après l’acteur français Michel Serrault et le réalisateur suédois Ingmar Bergman. Simple coïncidence? J’ose espérer. Mais après une énième « vision » semblable, je ne sais plus quoi penser. Certes, je ne me qualifierai pas de prophète. J’ai encore peine à croire que je subis ces pressentiments – je dis subir car je ne les contrôle en rien – et chaque fois qu’un nouvel épisode survient, je suis totalement effaré et pris par surprise. Je devrais peut-être m’y habituer, après tout, il serait plus que temps. Mais un tel, comment dit-on, talent, don, ou autre? Enfin, une telle chose demeure un peu effrayante. Car apprendre quelques jours à l’avance le décès de personnalités du cinéma est plutôt léger en comparaison de certaines des autres visions qui m’ont hanté au fil du temps. Prévoir, quinze secondes à l’avance, la crise cardiaque de Michel Noël lors d’une émission de télévision live, était autrement plus troublant, surtout pour un adolescent. J’ai, depuis, vécu des séances Nostradamusiennes encore plus inquiétantes.  

Enfin, relativisons. Ce qui est traumatisant dans tout ça, c’est évidemment d’apprendre un événement avant qu’il n’ait eu lieu (hormis quelques épisodes où la vision concernait un événement dont je ne pouvais pas être au courant). Quel espèce de logique y a t-il à cela? Je n’en vois tout simplement pas. De tels événements échappent, du moins selon moi, à toute logique et à toute explication que je voudrais scientifique. Mais l’athée convaincu que je suis a de la difficulté à accepter les explications mystiques que certaines personnes ont tenté de donner à mes expériences personnelles. Alors, qu’est-ce donc? Comment qualifier ces visions, ces rêves éveillés qui finissent par trouver un écho hélas trop concret dans la réalité? Si je n’avais vécu qu’une poignée d’expériences semblables, je n’en ferais pas un cas, mais ces situations inexplicables se sont amoncelées au fil des ans. Si seulement j’avais des visions de l’intérieur d’un harem, mais je fais plutôt dans le macabre…  

En attendant le prochain film/vision sur l’écran de mes nuits blanches, j’essaie de prendre la chose avec un grain de sel en me disant que si jamais on perd le câble, je pourrai toujours me taper une chouette séance de cinéma s’il prend plaisir à ce « don » de se manifester ce soir-là.

Le Réseau Des S…ottises?

Publié dans Divers le juillet 26th, 2007

Je sais bien que le mandat de RDS (le Réseau Des Sports) n’est pas de présenter ce qu’on pourrait appeler de la télévision intelligente. On est en droit de s’attendre à du sport mais depuis un bon moment déjà, tout et à peu près rien semble se qualifier comme « sport ». Je veux bien admettre que des gens aiment ça, mais en quoi le poker est-il un sport? Je n’y vois ni sueur, ni performance, et personne ne me fera croire qu’il faut s’entraîner fort pour devenir un bon joueur de poker. Je me fous qu’il y ait une technique pour tenir les cartes, ou une autre pour lire dans le jeu de son adversaire : le poker est un divertissement, un loisir, ce que vous voulez, mais ça n’est strictement pas un sport!  

Hélas, le poker n’est pas le seul « loisir » au programme du réseau qui se dit des sports. Tout le monde ou presque se souvient, il y a une quinzaine d’années, des débuts fracassants du Mini-Putt à RDS et des cris hallucinants de Serge Vleminckx nous décrivant un beau « biiiiiiiirdiiiiiiiieeeeeee »! À l’époque, il y avait aussi une émission consacrée à la pêche. Quoi de plus excitant! Regardons tous deux bonhommes assis dans une chaloupe tendre leur ligne à pêche et attendons avec eux que ça morde! Comme remède à l’ennui, on a vu mieux.  

Pourtant, on dirait que depuis quelques mois, RDS s’est soudainement spécialisé dans toutes sortes d’événements qui ne feraient même pas sourciller Ron Fournier. Tiens, parlant de lui, pourquoi la chaîne sportive n’imite-t-elle pas SportsNet qui présente, tard le soir, les images d’une ligne ouverte sportive qu’on a filmée? RDS n’aurait qu’à installer une caméra et un trépied devant Ron Fournier et tout un chacun aurait l’immense plaisir de voir Ron se fouiller dans le nez en répétant « Non, monsieur » dix fois de suite et en parlant du Canadien au beau milieu d’une canicule en juillet!  

Récemment, j’ai pu apprécier toute la profondeur et la grande qualité d’une compétition canine où une foule de snobinards coursaient derrière leurs affreux caniches géants en le tenant par la laisse et en priant le dieu des chiens que le leur ne défèque pas à ce moment précis. Certes, la chose était un régal pour les yeux, mais mes oreilles avaient peine à croire ce qu’elles entendaient en termes de commentaires et d’absurdités de la part des deux commentateurs. L’animateur était, il me semble, celui qui s’est spécialisé dans les sports extrêmes, et il était secondé par une femme qui semblait assez experte en la matière, probablement une vétérinaire ou quelque chose du genre. Si les commentaires qu’elle faisait concernaient les canins, l’animateur semblait de son côté se demander ce qu’il faisait là! Il y est allé de plusieurs commentaires gênants, de tentatives de farces loin d’être subtiles et qui semblaient lasser sa partenaire. On pouvait presque l’entendre soupirer des inepties de l’animateur! Je ne me souviens pas de tout ce qu’il a dit, mais ça ne volait pas haut. Ça frisait parfois le « Ça, un chien, on sait que ça a du poil », entrecoupé d’un silence de malaise avant que la pauvre experte n’insère un timide « Oui, en effet… ». Je vous jure qu’elle ramait fort pour ramener le sujet sur la compétition canine!  

Mais bon, reste qu’on parle d’une compétition canine! Qu’est-ce qu’il pourrait bien y avoir d’intelligent à dire de toute façon? Juste à voir les gens vêtus d’habits super propres et de chaussures à trois cent dollars courir les fesses serrées en sautillant pour éviter les cadeaux de Fido, ça n’inspirerait pas grand monde. Je ne blâme pas vraiment l’animateur de s’être foutu de la gueule des gens en compétition. À mon avis, on a tiré à la courte paille afin de décider lequel des animateurs de RDS aurait à se farcir la compétition canine et c’est lui qui a perdu!  

Un peu plus tard en semaine, si vous êtes chanceux, vous attraperez un autre sport de haute voltige : les fléchettes! Ça non plus, ça ne vole pas haut! Je n’ai jamais osé écouter les commentaires des gens qui doivent décrire une partie de « darts » : je me sens beaucoup trop gêné pour eux. Je baisse le son complètement et je reste bouche bée à respecter leur douloureuse épreuve. J’imagine les « Quel tir! » et autres « Ah, il a touché le rim! » et je me dit qu’ils doivent se forcer à trouver d’autres choses à dire qui doivent être au mieux désolantes à entendre. Rassurez-vous, par contre : les images seules réussissent à nous captiver de fond en comble! J’adore les reprises au ralenti : ça me permet de mieux apprécier la trajectoire de la fléchette et de constater tout le talent du lanceur qui y est allé d’un joli petit effet de courbe contre le vent. Du bonbon! Ah, je me régale aussi des gros plans sur les visages ruisselants de sueur au moment de lancer : des plans psychologiques dans une émission de « sport », ça, c’est du grand art!  

C’est tout juste si la compétition ne se déroule pas chez Parée, sur l’heure du dîner. La prochaine fois, je porterai une plus grande attention aux spectateurs : j’en reconnaîtrai peut-être un ou deux! Inscrivez tout de suite « Dans le mille » à votre agenda! Mieux : inscrivez-vous comme joueur! Si j’ai réussi à battre un coq à un jeu de fléchettes tournantes au Wii, je peux certainement me qualifier pour affronter les meilleurs joueurs de la province!  

Je pourrais aussi m’étendre sur le Championnat Collégial de Cheerleading, mais je me dis qu’au moins, les participantes bougent et suent et se sont entraînées extrêmement longtemps en vue de la grande compétition. Je n’arrive pas à me convaincre de la même chose en ce qui concerne les joueurs de poker et les lanceurs de « darts »!  

Si vous en voulez encore, tâchez d’attraper une émission de L’homme le plus fort où de gros irlandais en monokini rivalisent à lancer des troncs d’arbres et autres activités géniales! J’espère qu’à la fin de l’épreuve, ils sont récompensés en ayant le droit de participer au concours du meilleur mangeur de hot-dogs!  

Le pendant anglophone de RDS, la station torontoise TSN, présente quant à elle un sport qui fait figure de grand oublié au palmarès de RDS : le bowling! Quelle joie de voir de véritables athlètes dans leur moment fort de la journée, c’est-à-dire celui où ils sont sobres! Le bowling réserve aussi sa part de surprise : des joueurs qui ne portent pas la moustache (je croyais que c’était un règlement au bowling : moustache obligatoire!), des boules personnalisées et même des compétitions « junior », où les vedettes de demain montrent tout ce qu’ils ont appris de leurs mononc’ saoûls au fil des années. Que de plaisir en perspective!  

TSN présente également des compétitions de bûcherons. C’est à qui sciera l’arbre le plus vite. Impressionnant! Au réseau SportsNet, les samedis sont particulièrement sportifs. Il y a le Championnat Européen de Poker, le Poker du samedi soir et le Poker after dark en l’espace de seulement neuf heures!!!  

Je veux bien admettre qu’il existe un auditoire pour ce genre d’émissions, aussi incroyable que cela puisse paraître. Mais si je me mets dans la peau d’un athlète, plus particulièrement d’un athlète amateur ayant des visées olympiques, il y a de quoi faire une dépression nerveuse! À quoi pensent les athlètes canadiens qui s’entraînent à longueur de journée et qui participent à des tonnes de compétition lorsqu’ils constatent que leurs incroyables plongeons ou leurs superbes courses ne sont à peu près jamais présentées à des réseaux qui se proclament experts en sports? C’est à peine si on souligne leurs exploits aux nouvelles! Tel plongeur a remporté une médaille lors d’une compétition? Oui, mais d’abord, voici 3 reportages sur les vacances de vos joueurs de hockey préférés! Unetelle a battu un record du monde? Oui, mais une rumeur persiste comme quoi il existe des rumeurs au sujet du Canadien : il faut en parler d’abord!  

Je trouve cela extrêmement déplorable. Le Québec fourmille d’athlètes amateurs qui se rendent aux Jeux Olympiques et qui méritent qu’on souligne leurs efforts autrement mieux qu’à tous les quatre ans. Il y a quelque chose d’alarmant quand plus de gens connaissent Jocelyn Noël (grand champion de Mini-Putt) que Geneviève Simard ou Perdita Felicien. Certes, Radio-Canada fait un travail plus qu’honorable lors de certaines grandes compétitions (particulièrement les Jeux Olympiques) quand il s’agit de nous présenter les athlètes, mais Radio-Canada n’est justement pas un réseau censé être spécialisé dans le sport. J’espère fortement que RDS fera un examen de conscience très prochainement. Sinon, on pourrait se retrouver avec, qui sait, des tournois de bridge ou des championnats de Monopoly!

Le goût des navets

Publié dans Divers le juillet 17th, 2007

Promenade imprévue hier soir du côté du cinéma où nous sommes allés voir le seul film potable qui restait, soit l’impayable sorcier Harry dans le je ne sais plus quel opus de sa tournoyante série signée J.K. Rowling. Je parle bien entendu d’Harry Potter, numéro quatre ou cinq, je ne saurais trop dire, mais enfin, celui dans lequel il embrasse finalement une fille. Même si celle-ci ne lui a pas remué la baguette magique, j’ai tout de même trouvé que c’était le meilleur film de la série. Je ne suis pas le meilleur juge, puisque je n’en ai lu aucun, mais pour les avoir tous regardé, j’ai constaté qu’enfin, on pouvait faire un Harry Potter qu’il était possible de voir sans être continuellement perdu.  

Mais trêve de sorcellerie puisque je suis ici pour vous parler « culinaire », et plus spécifiquement de navets. Pas les navets qu’on déguste et/ou dégueule selon qu’on apprécie ou non d’en manger, mais bien ceux qu’on dégueule et/ou déguste selon qu’on aime ou pas se faire prendre pour un crétin des Alpes par Hollywood. Côté navets, donc, il s’en prépare de juteux pour très bientôt. Dans la série des bandes-annonces de films dont on n’aurait jamais crû qu’un homme en ait payé un autre pour pondre de l’aussi insignifiante merde, je m’incline bas, très bas ce soir devant les incroyables génies qui ont accouché des films dont je m’apprête à vous faire part. Mais avant, laissez-moi me flanquer quelques gifles, question de m’assurer que je ne rêve pas et que j’ai bel et bien vu les absurdités qui hantent encore mon esprit.  

*************** PIF *** 

*************** PAF *** 

*************** POUF !!! *** 

Il semble indubitablement que ce soit vrai. Ah, ma douleur!  

Bon, peut-être me tromperais-je sur les titres, mais c’est sans importance. Je vous narre simplement le contenu, qui est à peu près aussi vide que le contenant. Que ces choses portent le nom de film est déjà indigne en soi. Pire encore est que je ne doute pas un instant qu’ils feront un carton. Dire encore que ces films sont de l’art est extrêmement insultant pour l’art, tout comme les qualifier de merdes est insultant pour tout ce qui sort d’un anus normalement constitué.  

La première bande-annonce m’avait jeté sur le cul (c’est de circonstance!) tellement j’avais l’impression qu’on me prenait pour une sous-catégorie de plante. Il s’agit d’un film dont je pense qu’il est intitulé « Frère Noël » quoique j’émette de fortes réserves sur ce titre. L’histoire, en gros, est celle de la relation du Père Noël avec son frère! C’est pas fantastique, ça? Ils sont assis et discutent de tout et de rien, comme ce brillant échange sur l’épineuse question : vaut-il mieux avoir un chien, ou un rêne? Un chien, ça ne vole pas, mais un rêne, ça ne jappe pas! J’étais tellement sonné, que dis-je, abruti par cette bande-annonce que c’est à peu près tout ce que j’en retiens. Comme navet, ça se pose un peu là, n’est-ce pas? J’ai alors pensé à voix haute qu’il serait difficile de tomber plus bas et qu’en terme de scénario imbécile, ce serait dur à battre. J’étais loin de me douter que je serais témoin d’un second record du monde en quelques minutes!  

L’autre bande-annonce commence de façon à nous mettre dans l’ambiance d’un film de super héros. Les vues subjectives d’un personnage en vol et les plans où l’on sent la catastrophe à plein nez alternaient sans cesse et il était aisé d’imaginer qu’on voyait là les prémices d’un prochain Superman. L’image en plongée d’une foule regardant et pointant le ciel a fini de m’en convaincre. Il n’en fut rien… ou presque. Après une narration probablement empruntée directement à l’un des films originaux de Superman, on nous sert le coup de grâce en nous montrant finalement le super héros en question : un chien! Qui plus est : un chien vêtu comme Superman, qui vole au secours des gens et qui sauve tout un chacun d’une fin des plus atroces. À côté de ça, Frère Noël passerait pour un Fellini ou un Bergman! Et comme si ce n’était pas suffisant, le clou du spectacle nous est tombé dessus à la vitesse Grand V lorsqu’on a pu constater que le chien parle!!! Incroyable! Fantastique! Que peut-on demander de mieux!? Je sais : une suite! Mieux : une franchise! Le film semble baptisé Underdog, eh bien que l’on prépare immédiatement Underdog 2, Underdog 3 et Underdog vs Frogger : The Final Battle!  

Si au moins je parlais d’un film d’animation, il me semble que la pilule (une pilule à la merdre dirait Ubu!) passerait mieux. Mais non : il s’agit d’un film en « chair et en os », ou si vous préférez, il s’agit d’un navet en bonnet difforme (en bonne et due forme, pour ceux qui seraient branchés sur le « low voltage », ce matin)! Mais que peut-on nous inventer de plus merdique? Super Cockroach? Catman? Quelle idée du siècle générera prochainement à elle seule plus de revenus qu’il n’en faut pour sauver le Sri Lanka? Je n’en reviens tout simplement pas. Comment peut-on avoir autant d’idées tordues et retordues mille fois pour produire de pareilles insignifiances, et en même temps autant manquer d’imagination lorsqu’il s’agit d’améliorer le sort d’un pays, d’une région ou même de la planète?  

Il me semble soudainement que les navets du cinéma québécois (Roméo & Juliette et à peu près tout ce qui est sorti depuis C.R.A.Z.Y.) sont, au final, bien supérieurs aux navets américains. Faut-t-il s’en réjouir? Je l’ignore. La seule chose qui me rassure, c’est qu’on est encore bien loin d’une production cinématographique qui rivaliserait sérieusement avec l’usine à « boozes » de vaches hollywoodienne.

Une lecture inspirante

Publié dans Divers le juillet 11th, 2007

Il m’est arrivé à quelques reprises, en pleine lecture d’une œuvre romanesque, d’arriver à tout à fait m’identifier au personnage, au narrateur ou à un événement qui y soit décrit. Mais j’étais loin de m’attendre à vivre pareil sentiment au beau milieu de ma lecture du roman historique de Maurice Druon, Les Rois Maudits. C’est pourtant ce que j’ai ressenti à la page 505, au début d’un tout nouveau chapitre de la deuxième partie des Poisons de la couronne. Voici ce qu’on peut y lire :  

« De toutes les fonction humaines, celle qui consiste à gouverner ses semblables, encore que la plus enviée, est la plus décevante, car elle n’a jamais de fin, et ne permet à l’esprit aucun repos. Le boulanger qui a sorti sa fournée, le bûcheron devant son chêne abattu, le juge qui vient de rendre un arrêt, l’architecte qui voit poser le faîte d’un édifice, le peintre une fois terminé son tableau, peuvent, pour un soir au moins, connaître cet apaisement relatif que procure un effort mené à son terme. L’homme de gouvernement, jamais. À peine une difficulté politique paraît-elle aplanie qu’une autre, qui se formait justement pendant qu’on réglait la première, exige une attention immédiate. Le général vainqueur profite longuement des honneurs de sa victoire; mais le ministre doit affronter les nouvelles situations nées de cette victoire même. Aucun problème ne tolère de rester longtemps irrésolu, car tel qui semble aujourd’hui secondaire demain prendra une importance tragique. »  

Voilà qui m’interpellait singulièrement. Depuis que j’ai pris le commandement de ma ligue de baseball virtuelle en acceptant d’en devenir le nouveau commissaire, je me sens exactement comme la description faite par Druon. Je me retrouve en quelque sorte à gouverner près de 20 personnes qui, à part le commissaire sortant, n’ont strictement aucune idée de l’ampleur du travail qu’ils me remettent continuellement sur les bras. Et exactement comme le soutient Druon, plusieurs de ces directeurs généraux virtuels sont justement en train de m’envier. Je reçois des dizaines de messages quotidiennement, dont quelques-uns sont inévitablement des tentatives d’amadouement ou des compliments sur l’excellence dont je fais montre jusqu’ici dans mes nouvelles fonctions. Je me sens comme un roi continuellement léché par des barons            qui tiennent à demeurer dans ses bonnes grâces.  

Plus vrai encore est le fait que la fonction (de gouverner) ne connaît jamais de fin et ne permet à l’esprit aucun repos. Le précédent commissaire me faisait souvent part d’un état de fatigue avancé et d’un écoeurement sans fin, mais je me disais qu’il y avait sans doute là-dedans une grande partie due au stress qu’il vivait à l’extérieur de cette ligue. Je me rends maintenant compte qu’il n’en était rien, ou à peu près rien. Il y a toujours quelque chose de nouveau qui survient, que ce soit une requête d’un des joueurs ou diverses transactions qu’il faut sans cesse mettre à jour, bref, il y a énormément d’action et peu ou pas de répit. Cela est extrêmement épuisant, surtout pour l’esprit. Je me suis rendu compte, au bout de quelques jours seulement en tant que commissaire, que je n’avais pas ouvert de livre depuis que je gérais cette ligue. Plusieurs activités qui me semblaient routinières sont devenues pour ainsi dire très occasionnelles. J’en suis même venu à rêver, après une soirée où j’avais géré à moi tout seul la création de quatre nouvelles équipes en direct sur le Web, à passer ma nuit à rêver à cette ligue, à ses joueurs et particulièrement à ceux qui me causent le plus d’ennuis. Je vais commencer à m’ennuyer de mes cauchemars absurdes où la scène d’horreur récurrente est ce geyser de sang qui a le don d’apparaître au moment où on s’y attend le moins!  

Mais Druon continue, et enchaîne ainsi :  

« L’exercice du pouvoir n’est guère comparable qu’à celui de la médecine, qui connaît également cet enchaînement sans trêve, cette primauté des urgences, cette constante surveillance de troubles bénins parce qu’ils peuvent être symptômes de lésions graves, enfin ce perpétuel engagement de la responsabilité en des domaines où la sanction dépend de circonstances futures. L’équilibre des sociétés, comme la santé des individus, n’a jamais un caractère définitif, et ne peut représenter un labeur achevé. »  

Cela décrit assez bien comment doivent se sentir les médecins du système de santé québécois… Bien entendu, gérer une ligue n’est pas un domaine aussi sérieux que de s’occuper de la santé d’autrui. Ce n’est, en quelque sorte, qu’un loisir. Mais je me sens assez près de cet enchaînement sans trêve et de cette constante surveillance que je dois effectuer afin de veiller au bon fonctionnement de la ligue.  

Si au moins, un des joueurs ne s’était pas lui-même appelé « King », je pourrais user de ce nom sur le Forum, il me siérait à merveille! Hélas, le « King » est pris. Bah, tant mieux. Après tout, Maurice Druon a « maudit » les siens, de rois, et je n’ai guère l’envie de me soumettre au même sort qu’eux!

Une présentation de : …

Publié dans Divers le juillet 11th, 2007

Petite soirée tranquille en vue, puisque j’avais décidé pour une première fois depuis fort longtemps de regarder le match des Étoiles du baseball. La présence du québécois Russell Martin comme receveur partant y était pour beaucoup, puisque n’ayant suivi que de très loin l’action de ces dernières années dans le baseball, je ne connaissais plus beaucoup de joueurs, contrairement à mes anciennes habitudes…  

Malheureusement, je n’ai pas été en mesure d’apprécier le spectacle longtemps. La moutarde me montait continuellement au nez, et quand, en milieu de septième manche, tout le stade s’est levé debout, la main sur le cœur et a entonné l’insupportable matière fécale qu’ils appellent « God bless America », j’ai eu mon compte et suis parti du salon, littéralement en surdose de moutarde! J’ai pu garder un œil sur le reste du match, mais alors là vraiment très sporadiquement puisqu’à chacun de mes regards, on aurait dit qu’on continuait de faire exprès d’en remettre pour me faire sortir de mes gonds. Mais qu’y avait-t-il donc de si terrible dans un simple match de balle?  

Tout, ou à peu près.  

D’abord, la présentation des joueurs et tout le bataclan a duré près d’une heure. Je n’ai heureusement pas tout regardé, mais je suis à peu près certain qu’ils y ont mis le paquet avec envolée d’avions militaires, fanfare et pseudo-chanteuse blonde à souhait pour interpréter les hymnes nationaux. D’ailleurs, ceux-ci semblent avoir duré une éternité : lorsque j’ai vu qu’on entamait l’un des hymnes nationaux, j’ai changé de poste et n’y suis revenu que 10 minutes plus tard, au beau milieu de l’autre hymne national!  

Enfin, le match a fini par se mettre en branle. Je n’étais pas au bout de mes ennuis de moutarde nasale! Au bout de quelques minutes, j’étais submergé de statistiques que pourtant j’adore. Le hic, c’est que chacune d’elles m’était présenté par un commanditaire différent et n’ayant aucun rapport de près ou de loin avec le baseball. Voici le meilleur frappeur de la ligue? Une présentation de Del Monte! Mais qu’ont à voir les pêches avec une moyenne de .354? Le joueur en mange-t-il à tous les matins, ou bien enduit-il son bâton de résine de pêche Del Monte avant d’aller frapper? Que suis-je censé m’imaginer à propos du fait qu’un produit ou qu’une marque quelconque commandite quoi que ce soit? Comme les pêches Del Monte sont les seules à commanditer un morceau du matche des étoiles, elles sont les seules pêches propres à la consommation? Il faudra que j’y repense la prochaine fois que je ferai l’épicerie.  

Le match entier fut ainsi. Le vol de but d’untel? Une présentation de Castrol! Le double-jeu spectaculaire : Burger King! Le beau jeu défensif? Viagra! Bref, je n’associe sans doute pas les bons commanditaires aux bons événements, mais vous voyez le tableau. C’est tout juste si le circuit à l’intérieur du terrain frappé par le Japonais Ichiro Suzuki n’était pas une présentation de… Suzuki!!!  

Pour la forme, notons que les tomates Aylmer ont battu les pêches Del Monte par 5 à 4.

C’est infantilisant, à la fin. On dirait qu’ils veulent qu’on finisse par se dire que sans leur merveilleuse contribution, rien n’aurait lieu. Que le match des étoiles leur est dû. C’est à vomir. Vomi? Une présentation de McDonald’s!  

Lorsque je suis allé à Boston pour y voir – quoi d’autre – un match de baseball, j’étais euphorique à l’idée de visiter le Fenway Park, lieu sportif historique culte par excellence, là où Babe Ruth a joué entre 1914 et 1919. Ce stade est réputé, entres autres, pour l’imposant mur vert du champ gauche baptisé le « Green Monster » et haut de 37 pieds. Le stade a près de cent ans puisqu’il fut construit en 1912. C’est donc un endroit chargé d’histoire. Mais j’y ai découvert autre chose qui était chargé à bloc : le Green Monster lui-même. Le Monstre Vert a fait place à un Monstre Vert et Blanc, d’une laideur assez remarquable. Après avoir résisté plus de 90 ans, il a perdu sa bataille contre… qui d’autre : les commanditaires! C’est absolument affreux! Le mur, qui s’étend du champ gauche à l’allée centre-gauche, a toujours été d’un vert uni (c’est un mur de tôle, quand même…) qui, sans être le plus joli teint, était néanmoins sa marque de commerce. Cette époque est hélas révolue! Ont fait leur apparition de désastreuses tâches blanches, symboles mercantiles par excellence, exprimées sous formes de logos divers dont on n’a absolument rien à foutre. (Foutre? Présentation des condoms Ramsès!) Il y a là un machin anti-rouille, un magasin de « electric supply », une pharmacie, Gulf, Volvo et deux bouteilles géantes de Coca-Cola! C’est à chier!!! (Une présentation de Pampers) 

Il n’est peut-être plus « green », mais le légendaire mur mérite plus que jamais son surnom de Monster. Il est devenu le porte-étendard servile d’une multitude de compagnies sans jugeote et qui sont totalement dénuées de scrupules.  

Allez, à la manière de ces Américains qui chantent « Que Dieu blesse l’Amérique », à la gloire de ce sacro-saint dollar, une prière, que dis-je, LA prière capitaliste par excellence (une présentation de moi-même) :  

Au nom du Faire

Du Fric

Et du Saint-Bas-Prix

Amen!

Les loisirs qui font mal

Publié dans Divers le juillet 8th, 2007

Ouf! Les derniers jours se sont avérés être durs pour le corps, même si en réalité, tout ce que j’ai imposé à mon « body » n’étaient, en fin de compte, que des loisirs. Ça semble difficile à croire, mais ceux d’entre vous qui ont connu l’expérience « Wii » savent de quoi je parle! Et pourtant, le Wii m’a presque servi de cure de repos. Mon récent poste de commissaire d’une ligue de baseball sur le Net m’a démontré à quel point le précédent commissaire avait raison de se plaindre de la charge de boulot, surtout que tout ça n’est officiellement qu’un loisir et donc absolument pas rémunéré. Comme mon arrivée en tant que commissaire coïncidait avec la fin d’une saison et donc par la même occasion la période la plus occupée, j’ai eu à passer des heures à effectuer diverses charges pour la ligue et par moments, j’avais l’impression que mes yeux saignaient à force d’être continuellement devant l’écran de l’ordinateur. Mais bon, le pire est passé, et c’est maintenant le temps de jouer au Wii!!!  

Oui!!! Le mal de yeux a cédé sa place à des douleurs à l’épaule et au coude, bref, tout ce qui est inclus entre le poignet droit et l’omoplate droite. Il faut vraiment connaître ce qu’est un Wii pour comprendre à quel point je n’exagère pas! Cela faisait au moins 6 mois qu’on avait décidé de s’en procurer un, et après avoir en vain fouillé tous les Future Shop de l’île, c’est au moment où l’on s’y attendait le moins qu’on en a trouvé un. Malgré un livre d’instructions assez imposant, connecter la machine a pris à peine quelques minutes. Le seul jeu qui vient avec la console en est un de taille : Wii Sports! Depuis jeudi soir, donc, on passe tous nos moments libres à jouer au tennis, au baseball, au bowling, au golf et à la boxe! Le tennis est particulièrement intense, et c’est de loin celui que j’ai pratiqué le plus, d’où les membres endoloris. Bien sûr, cela n’est pas du tout comme si l’on jouait vraiment au tennis, mais l’expérience est toutefois beaucoup plus appréciable qu’un jeu quelconque de tennis auquel on jouerait à l’aide du clavier, de la souris ou même d’un joystick d’ordinateur.  

Le pire, c’est que c’est véritablement comme une drogue. Après des heures de jeu et une pause bien méritée, on se rend compte qu’on veut encore jouer et on s’y remet malgré le fait que certaines articulations aient un peu de difficulté à suivre. Dans mon cas, c’est d’autant plus risqué que je me remets à peine de ma fracture à la cheville gauche. Deux jours avant l’achat du Wii, le docteur déclarait que j’étais en voie de guérison mais qu’à son avis, je devais cesser de porter la fabuleuse botte de marche et la remplacer par une chevillière. Je ressens toujours de la douleur à deux endroits précis et je reste un peu craintif d’aggraver la blessure, mais s’il le faut, j’embarquerai sur les béquilles pour continuer à jouer au Wii!  

Rien qu’à en parler, je ressens un urgent besoin de jouer quelques rencontres de tennis, mais à une heure aussi tardive, je n’ose pas prendre la chance de réveiller les voisines du haut. C’est que récemment, alors qu’il n’était à peine qu’onze heures quinze du soir, la veille de la Saint-Jean, l’une d’elles est venu cogner à la porte afin de nous demander de baisser le son du DVD! On a beau baisser le son du téléviseur, il reste quelques bruits de contacts qui sont émis à partir du « Wiimote » et il serait fâcheux de forcer une voisine à venir me déranger au beau milieu d’un palpitant échange! Selon le livre d’instructions, on peut baisser le son du Wiimote, mais je n’arrive pas à le faire baisser au point de ne plus entendre les effets sonores. Bah, ça sera pour demain, et d’ici là, je tâcherai de récupérer un peu.