Archive for août, 2007

La Mairesse dans le ciel avec des diamants

Publié dans Divers le août 27th, 2007

Les vacances sont officiellement terminées. Les derniers quelques jours ont été plus tranquilles, ou du moins ont-ils été passés en ville, celle que j’occupe à temps plein et qui s’effrite à la vitesse grand V.  

Après une semaine passée au Saguenay dans le froid, la pluie, le foin et l’herbe à poux, nous sommes allés nous amuser une paire de jours à Québec, question de tester ma cheville éprouvée et de s’assurer qu’on mange mieux dans la capitale provinciale que dans sa jumelle ontarienne. La place pullulait de touristes étrangers baguenaudant  dans les vieux quartiers avec l’air de se demander s’ils ne devraient pas déménager leurs pénates dans cette cité semblant venir d’un autre monde. Québec existe-t-elle vraiment? J’ai vaguement l’impression d’avoir visité une carte postale en trois dimensions. Je me sentais moi-même touriste, et j’avais peine à croire que ma propre ville (sans mauvais jeu de mot!) n’était qu’à trois centaines de kilomètres de là. Mon plus gros choc « culturel » provient de l’hallucinante propreté de Québec. Vraiment, à côté de la capitale provinciale, Montréal fait figure d’enfant pauvre lorsqu’il est question de l’état des rues et des trottoirs. J’avais vaguement entendu parler de la mauvaise réputation de ma ville, mais j’attribuais cela à des mauvaises langues trop pressées de salir (c’est bien le mot!) la grande ville (des banlieusards, probable!).  

Hélas, il n’en est rien. Montréal est sale et sa réputation de ville-poubelle n’est absolument pas surfaite! Il ne suffit que de passer quelques heures à marcher dans les artères les plus occupées de Québec pour s’en convaincre. Pourtant, les gens fument sur les trottoirs, boivent, bouffent et font mille activités en tout point comparables à celles pratiquées par les Montréalais. À la grande différence qu’ils utilisent les poubelles mises à leur disposition, et que les employés de la ville chargés du nettoyage semblent vraiment travailler là-bas. Se promener à Montréal, que ce soit sur Sainte-Catherine, Sherbrooke, Saint-Denis ou Mont-Royal équivaut à nager parmi les mégots de cigarettes s’accumulant partout et d’autres détritus dont on ne souhaite pas connaître l’origine. Mais à Québec, les fumeurs utilisent réellement les cendriers extérieurs, ça n’est pas du tout une légende urbaine puisque je les ai vus le faire à plusieurs occasions.  

Ce n’est pas moi qui salit le plus Montréal, mais je ne peux m’empêcher d’avoir soudainement honte. Il n’en a pas toujours été ainsi, il me semble. Le règne du maire Tremblay en est un marquant! Mais qu’est-ce qu’il fait, l’Harry Potter municipal?! Il demande aux citoyens de faire leur part!!! Quelle efficacité, jusqu’à présent! Pourquoi n’a-t-il pas demandé conseil à la mairesse Boucher, avant qu’il ne soit trop tard?  

Mais il est trop tard. Madame la mairesse, dont les robes rivalisaient d’intensité avec les Picasso les plus abstraits (toutes périodes confondues, voir même mélangées), a défunté en emportant son secret (celui d’une ville propre) dans la tombe. Tu parles qu’on l’a dans le prose, Rose! Avec ça que M. Net doit achever sa brillante existence et que M. Glad est apparemment sur le respirateur artificiel, c’est rien pour nous sortir de la dèche. Montréal est donc condamnée à empirer son cas, jusqu’à devenir un immense dépotoir dans lequel on pourra skier sur les montagnes de mégots et surfer sur les débris d’immeubles qui se seront écroulés sur le métro. Qu’attend donc Gérald Tremblay pour emplir les nids de poules avec les cochonneries jonchant les rues? Ça serait déjà ça de fait, et puis ça m’empêcherait peut-être de me casser une cheville ou deux…

Anéantir le(s) dogme(s)

Publié dans Divers le août 24th, 2007

Ceux d’entre vous qui ne l’ont pas encore fait, attelez-vous à votre souris et surfez à toute vitesse le web à la recherche du clip des Vulgaires Machins intitulé Anéantir le dogme. J’ignore s’il a déjà commencé à être diffusé sur MusiquePlus et même si la chaîne osera le montrer à l’antenne. Naturellement, le clip vaut amplement d’être diffusé et ce, dans son entière intégralité, mais je ne serai pas surpris si le réseau agit en poule mouillée. Ça ne serait pas la première fois.                                                 

En début de soirée, j’ignorais à peu près jusqu’à l’existence des Vulgaires Machins, mais en l’espace d’une courte entrevue à Franc(h)e Beaudoin, j’en ai appris suffisamment pour que ma curiosité se manifeste. Heureuse découverte que ce vidéoclip qui tape à grand renfort d’images chocs sur un dogme qui jouit trop de l’hypocrisie facile de la société.  

Avouez qu’en entendant les premiers vers, le ton est lancé!  

Devant les faux prêtres, et l’hommerie
Une démocratie molle de citoyens contents
Devant l’expansion de la maladie
L’abandon général, la peur et l’inertie
 

Mais plus que les mots, ce sont les images inoubliables du clip qui laissent leur marque. La fin est particulièrement remarquable et risque fort de choquer plusieurs cons citoyens qui ne veulent pas de cette vision d’un monde qu’ils refusent de voir comme le leur. Mais pour ceux qui comme moi adorent être dérangés, secoués et qui souhaitent voir le plus de dogmes ébranlés au possible, on ne peut que se réjouir et espérer que Les Vulgaires Machins aient d’autres bijoux semblables en réserve. Ou même d’autres artistes : l’anéantissement des dogmes n’est pas réservé à un groupe seul ou à une élite.  

Elle-même ébranlée au-delà de son inépuisable intelligence, Franc(h)e Beaudoin a senti le besoin de conclure l’entrevue en demandant à François Avard (qui a scénarisé le clip) qu’est-ce qui, dans le monde, allait si parfaitement bien qu’il ne pourrait pas le dénoncer ou le critiquer. Comme si, par une heureuse conclusion d’un petit détail quelconque qui irait supposément bien, on arriverait à faire oublier à tous l’effroyable clip que la doucereuse animatrice semblait avoir d’immenses difficultés à digérer.  

Dans ce cas, bonne chance, Franc(h)e, et tâche de ne pas trop en faire de cauchemars. De mon côté, ce sont tes entrevues qui me compliquent la digestion. Mais pas de danger qu’elles soient censurées, n’est-ce pas?

Au scandale: les sandales!

Publié dans Divers le août 8th, 2007

Je suis au bord de la crise de nerf aigue : je ne suis plus capable de voir une paire de « gougounes », ces pantoufles d’extérieur portées par 98% de la population en été. Mon cas s’apparente plus à une allergie, et chaque fois que j’en vois une dans les pieds de quiconque, ma réaction est simple : je ferme les yeux. Détourner le regard ne suffit plus! On dirait que cette année, tout le monde a succombé pour la « mode » de la sandale laide. J’en suis à dénombrer les parias, ceux qui comme moi, osent porter des souliers malgré la température caniculaire, malgré le soleil, malgré le raz-de-marée des gougounes affreuses. Et nous ne sommes pas nombreux, ooooooh que non! C’est dans des moments comme ceux où je cherche des anti-conformistes que je me rends compte à quel point je suis réellement marginal. Peu importe le sujet abordé, il faut toujours que je fasse le contraire de tout le monde. Ça devient encore plus vrai lorsqu’il est question de ces horribles babouches.  

Enfin, je peux tout de même apporter une légère nuance. Il existe évidemment plusieurs sortes de sandales. Certaines sont plus garnies que d’autres. Mais le modèle qui a la plus grande faveur du public est malheureusement le pire qui soit. Il s’agit des sandales qu’on pourrait qualifier de « flip-flop », celles qui ne tiennent que par un mince fil caoutchouteux et dont le bruit caractéristique (d’où le « flip-flop ») a le don de m’agresser au plus haut point. Car, non contents d’imposer à mes yeux la vue de pareilles « macabreries », il faut en plus que mes oreilles souffrent de cette ignominieuse invention! D’un coup, d’un seul, voilà 40% de mes sens qui sont agressés! Le pire, c’est que c’est ce modèle de gougounes qui est le plus répandu! Dans le métro ou l’autobus, en ville ou en campagne, mon regard balaie l’horizon au niveau du sol – spécialement depuis que je redouble d’attention pour ne pas tomber dans un trou et subir une autre fracture – et le spectacle que j’aperçois est abominablement désolant. Si l’été apporte son heureux lot de minijupes et de décolletés tous plus affriolants les uns que les autres, il en résulte aussi cette désagréable épidémie d’horreurs à un dollar. Car j’ose espérer que ceux qui dépensent de l’argent pour se procurer de telles cochonneries ne mettent pas plus d’un dollar sur de tels « cossins ». À les y regarder, même de loin, j’ai difficulté à m’imaginer que ça puisse valoir plus cher. On doit bien être capable d’en fabriquer une trentaine pour le coût de dix sous, même canadiens!  

Non, décidemment je suis fait pour un climat plus modéré. Quelque chose où les gens pourraient aisément se promener en bermudas, mais pas en gougounes. Ou alors, il faut que le gouvernement passe une loi afin de les interdire! La prolifération des sandales flip-flop est autrement plus inquiétante que les deux mille pédophiles répertoriés dans la province, plus dramatique que l’algue bleue, plus drastiquement problématique que les ponts qui s’effondrent! Il faut agir, et agir vite. Qu’attend Jean Charest pour déclarer le port de ces sandales cauchemardesques passible de 10 mois de prison? Qu’on sorte Stephen Harper du cercueil qui lui sert de lit afin qu’il légifère et retourne ces produits aux Chinois! Car je ne doute pas un instant que sur chacune de ses pantoufles de ville, il soit écrit « Made in China ». Le voilà, le péril jaune! Pfff, la fièvre aphteuse! Pfff, la fonte des glaces! Pffff, Mario Dumont!!! Le vrai danger, c’est la gougoune flip-flop, laide, affreuse et encore pire que cela. Ah, et puis laide en plus, est-ce que je vous l’ai dit, ça?  

Je veux bien prendre le risque de me faire à nouveau traiter d’anarchiste ou de marginal lorsque je me promène en jeans et en souliers à 45 degrés à l’ombre, mais rien n’y fait, je ne changerai pas d’avis. Je trouve bien plus vulgaire la vue d’une telle sandale aux pieds de n’importe quelle créature que celle du nombril d’une sexagénaire ou du g-string de Richard Martineau. J’ai beau me forcer, y’a rien à faire, c’est plus fort que moi. Dire que la plupart de ces gens ont les orteils en horreur, et ils sont là à exhiber les leurs comme si c’était la moindre des choses!  

Ah, vivement que le Maire Gendron prenne le pouvoir au provincial et qu’il condamne à la chaise électrique tous ceux qui portent ces « choses » aux pieds. D’abord, ce serait là la seule décision censée qu’il prendrait. Et puis, ce serait aussi la dernière, puisqu’il en porte probablement lui-même, ce qui lui ferait faire pour mon plus grand plaisir d’une pierre deux coups! Quant à ceux qui tremblent en s’imaginant déjà griller sur le siège électrifiant, vous avez encore le temps : remettez vos souliers, ou si vous tenez à porter des sandales, échangez vos calamités contre quelque chose qui a au moins un pouce d’épaisseur, qui a coûté plus de cinq sous à produire et surtout, oui surtout, qui ne fait pas flip-flop, flip-flop, flip-flop, flip-flop et encore flip-flop à chaque putain de pas que vous franchissez!  

Non, mais est-ce que j’écoeure le monde, moi, avec mes jeans noirs, mes souliers et ma barbe de 3 pouces en plein milieu d’une canicule?! Mille millions de mille sabords!!! (Je me fais penser à quelqu’un… mais qui?)