Archive for septembre, 2007

Conneries journalistiques

Publié dans Divers le septembre 20th, 2007

C’était récemment le premier anniversaire de la tuerie de Dawson. Bien évidemment, on a eu droit à de nombreuses émissions spéciales ainsi qu’à des articles à n’en plus finir pour commémorer ce tragique événement. Ce qui a le plus retenu mon attention, c’est un reportage à Radio-Canada sur la couverture médiatique à l’époque. Si vous ne l’avez pas vu, il faut le voir sans faute. Prenez quelques minutes, et regardez le ici .  

Naturellement, un tel reportage a fait réagir plusieurs journalistes, même ceux qui n’étaient pas visés. Parmi ceux-ci, Patrick Lagacé a publié un texte qui m’a laissé pour le moins perplexe. D’ailleurs, je n’ai pas été le seul. Parmi la multitude de réactions laissées sur le site, personne ne semble lui donner raison, et ça n’est pas surprenant. Patrick Lagacé y va de quelques affirmations aberrantes. Plutôt que de lui répondre directement sur le site et aussi parce qu’un premier essai a été infructueux, je me permets de vous inviter à le lire ici, ainsi que ma réaction par la suite.  

 

Une fusillade est un événement hautement public. Elle devient, la victime, un personnage public hautement récalcitrant, soit, mais un personnage public. Elle va être photographiée et filmée. On peut s’en émouvoir autant qu’on veut, c’est comme ça. 

Ah bon? Parce qu’une personne se fait tirer dessus par un inconnu, elle devient un personnage public? J’ai comme un problème avec ça. Et puis, quelle est cette idée comme quoi une fusillade est un événement hautement public? Celle de Dawson, certes, mais il y a plusieurs fusillades qui éclatent un peu partout et dont on entend à peine parler. Quand des jeunes, à la sortie d’un bar, se mettent à se tirer dessus, on a droit à un court reportage rapportant brièvement les faits, et ce, que la fusillade ait fait un mort, un blessé ou rien du tout. Dernièrement, lorsqu’un père de famille s’est fait descendre devant son fils de cinq ans, on en a entendu parler, d’accord, mais ni le père, ni le fils, ni même la femme du défunt ne sont devenus des personnages publics. À moins d’avoir manqué la scène, je ne me rappelle pas avoir vu une foule de journalistes camper devant le domicile/scène de crime, en attente d’une entrevue-choc avec l’un des membres de la famille. A-t-on seulement nommé la victime dans cette histoire? Et pourtant, il y a eu mort d’homme, et par balles en plus! C’est une fusillade, autrement moins spectaculaire que celle de Dawson, mais qui a fait une victime également. Comment? Ce n’est pas une fusillade, c’est un meurtre? Et la victime à Dawson, c’est pas un meurtre, alors?  

Mais trève de Lagaceries. La couverture médiatique globale de la tuerie de Dawson m’a écoeuré à un point tel qu’un an plus tard, je continue de mal la digérer. Comme ces images de Kimver Gill, montrées à répétition à répétition à répétition à répétition à répétition à la télévision. Était-ce nécessaire? Aujourd’hui, je me rends compte que ces images me hantent. Je les ai beaucoup trop vues pour arriver à les oublier, et pourtant, je n’ai pas cherché à les voir. Il suffisait d’allumer le téléviseur pour être inondé des photos qui continuent encore d’être montrées, à mon plus grand désarroi. Si, au contraire, je ne les avais vu qu’une seule fois, la poussière serait retombée sur tout ça et, sans oublier l’événement, sans oublier les victimes, j’en serais venu à oublier les traumatisantes images d’un tueur dans des poses cauchemardesques. Mais voilà, on ne m’en a pas laissé l’occasion. Désormais, je n’ai plus besoin de l’aide des médias pour soudainement revoir ce jeune homme, l’arme au poing et pointant son viseur à la caméra. Sans doute une image que certaines des victimes ont vécue pour vrai, dans un instant d’horreur surréelle. Que ressentent ces gens lorsqu’ils voient, encore et encore, les mêmes clichés du tireur lorsqu’on nous les repassent à la moindre excuse aux nouvelles?  

Par exemple, quel est le besoin, lors de l’anniversaire d’un tel événement, de rappeler le nom de celui qui en est l’auteur? Était-il nécessaire de parler à nouveau de Kimver Gill un an plus tard? La moindre des choses serait de taire son nom, intentionnellement. C’est que d’en parler continuellement vient à concrétiser le plus grand désir du tueur : sa renommée. Il faudrait donc ne plus mentionner son nom. C’est là, il me semble, la première étape vers la guérison de ceux qui ont été touchés directement ou indirectement par cette histoire. De plus, à force de continuellement ressortir son nom et ses photos, les médias viennent à en faire non seulement un personnage hautement public, mais une sorte de figure importante de l’Histoire. Tous se souviendront de lui, non pas par l’importance de son acte mais par la place qu’il aura occupée dans les médias par la suite. Cela me cause problème. C’est pire encore lorsqu’on pense aux victimes. Celle de Dawson, tout le monde se souvient de son nom et pour l’instant, nul n’est en mesure d’oublier Anastasia De Souza. Mais en sera-t-il de même dans 15 ans? Qui peut prétendre nommer toutes les victimes de la tuerie de la Polytechnique, ou même quelques-unes? Par contre, la province en entier se rappelle de qui est Marc Lépine. C’est très troublant. Et pourtant, seuls les médias y peuvent quelque chose. Qu’ils taisent à jamais le nom des tueurs, et qu’ils mettent autant d’énergie à nous parler des victimes qu’ils en ont mis à nommer les tireurs. Voilà ce qu’il faudrait qu’ils fassent, ces médias de malheur, au lieu de tant se préoccuper de la crotte d’écoute et du tirage de copies. Le non-spectaculaire vend peut-être moins bien, mais il permet parfois de mettre un baume sur l’âme. Cessez donc de vendre la vôtre au diable pour un meilleur scoop!  

Non seulement les médias méritent pleinement de se faire mettre le nez dans leur caca (il faut voir le reportage de Radio-Canada pour comprendre), mais ils ont pleinement besoin de faire un examen de conscience. Il est grand temps qu’on se penche sur leur profession et qu’on leur montre où sont les lignes qu’il ne faut pas franchir. La décence, quoi. Celle que seule une minorité de journalistes semble encore avoir. Le reste fait figure de vautours, et c’est malheureusement trop vrai. Des vautours… ou des mouches à merde!

Pôvre, pôvre Brière…

Publié dans Divers le septembre 9th, 2007

Ces jours-ci, au Québec, on n’en a que pour une seule histoire : Daniel Brière! Le diminutif joueur de hockey aurait apparemment failli passer proche de presque à peu près signer un contrat avec les Canadiens de Montréal. Ça se passait – ou plutôt, ça ne se passait pas! – au tout début du mois de juillet 2007. Près de trois mois plus tard, l’affaire bat toujours son plein, et moi, j’ai un véritable trop-plein à évacuer. J’ai besoin de vomir, de « diarrher », bref, d’expulser toute cette merde journaleuse loin de mes oreilles accablées.  

Car en termes d’imbécillité, mes oreilles n’ont pas été épargnées au cours de ces derniers jours. Tout un chacun, dans la grande famille journalo-mafiosienne-sportive québécoise, y va de son opinion et de ses croyances personnelles quant aux raisons qui ont poussé Daniel Brière à choisir Philadelphie plutôt que Montréal. L’exercice, qu’on pourrait croire futile et dérisoire, semble ici promu à un grand destin et on se croirait parti pour en entendre parler jusqu’à la fin des temps. Brière n’a pas signé ici? Mais pourquoi donc? Et la machine repart, tente d’analyser le pourquoi du comment qu’une telle chose se fut donc pu, mais comment est-ce donc? Mais pourquoi? Mais comment? Mais voyons donc? Et ainsi de suite…  

La dernière et plus insupportable théorie vaseuse à date est celle qui vaut autant que son auteur (l’ineffable Mathias Brunet, apparemment) et qui raconte comme quoi Brière n’a pas signé avec les Canadiens parce qu’on ne lui aurait pas permis de choisir ses compagnons de trio. Aussi farfelue qu’elle puisse paraître, les z’amateurs de z’hockey de la province entière ont attribué autant d’importance à la nouvelle que si Bernard Derome nous annonçait la fin du monde pour dans deux heures. Le Québec est presque à feu et à sang. « Se pourrait-ce-t-il donc? », se demande Danny Dubé. « Ma source est aussi sûre qu’un citron pressé », confirme Mathias Brunet. Chacun y va de son opinion d’expert en gérance d’estrade, et avant même que d’avoir pu crier pouce, voilà la télé inondée de mille théoriciens bavards en rajoutant à tout instant dans ce déjà-bordel clairement en voie de devenir méga-bordel.  

Qu’est-ce que cela peut bien changer, au fond? Tout, apparemment. Que Brière ait refusé de signer avec le Canadien pour une raison x plutôt qu’une raison y semble faire autant de différence qu’il peut y en avoir entre un diamant et une crotte de chien. C’est à croire que si ça continue, ça va finir en insurrection appréhendée. C’est qu’on n’est pas si loin de ça qu’on pense! Si Stéphane Gendron était maire de Montréal, sa lettre demandant à Ottawa de faire rentrer l’armée en ville serait déjà écrite et sur le point d’être envoyée! Et tout ça parce qu’un ti-cul de 5’9 a choisi la ville du « Brotherly love ». Comme ça semble loin, le « Brotherly love », à Montréal, tandis qu’on écoute les uns et les autres taper sur la gueule de Bob Gainey à grands coups de théories vaseuses…  

Alors, pour aider ces siphonnés de la penseuse, j’ai décidé d’y aller moi z’aussi de théories scabreuses et scandaleuses sur les raisons qui ont fait dévier Daniel Brière vers Philadelphie. Que chacun se serve, c’est gratuit, et si vous êtes journalistes, c’est un 2 pour 1!  

Daniel Brière a choisi Philadelphie plutôt que Montréal parce que :  

- l’aréna des Flyers est plus proche d’un Wal-Mart que le Centre Bell

- il a des livres en retard à la bibliothèque de son école secondaire

- le papier de toilette est plus doux à Philadelphie

- Rocky gagnerait n’importe quand contre Éric Lucas

- C’est trop humide à Montréal

- Les viaducs qui s’effondrent lui font peur

- Le taxi coûte moins cher à Philadelphie

- C’est moins sale là-bas qu’ici

- Il connaît moins de monde à Philadelphie, alors ça lui fait moins d’occasions d’aller au salon funéraire

- Les toilettes de l’aéroport de Philadelphie sont plus propres que celles à P.E.T. Airpet

- Le Viagra coûte moins cher à Philadelphie

- Il a entendu dire que les papillons à Montréal ont la rage

- Plus de choix pour les prostituées à Philadelphie

- Plus de chances de rencontrer Madonna à Philadelphie

- Y’a moins de monde qui ont les cheveux peignés en brosse (à la Réjean Houle) là-bas

- On n’y entend pas Claude Poirier à tous les jours

- Les Flyers risquent d’être meilleurs que les Canadiens (tiens, on l’entend pas beaucoup, celle-là)

- Le fleuve St-Laurent l’intimide

- Le gazon est plus vert à Philadelphie

- Il a peur de la coiffure de redneck de Stephen Harper

- Il ne comprend pas le français baragouiné de Gainey

- Ça va faire moins de journaux à lire pour savoir ce qu’on dit sur lui

- Le prix de la drogue est tellement moins cher là-bas

- Tous les déménageurs québécois étaient occupés, début juillet

- Ça sera plus facile de scorer CONTRE les Canadiens que contre les Flyers (bon point, à mon avis)

- Entre Philadelphia et une claque sur la gueule, vous prendriez quoi, vous autres?

- Il savait qu’en refusant de venir à Montréal, il déclencherait une guerre civile!!! (et comme il est sado sur les bords…)

- La loi de Joffre et de l’Allemande, pardon, la loi de l’offre et de la demande

- Le flouze (l’argent)

- Il admire beaucoup Crésus

- Les banques ouvrent plus tard à Philadelphie

- Les Flyers lui ont promis de lui donner un gala de bienfaisance

- Il n’a pas sa carte du Beaver Club

- Une seule langue, dix fois moins de journalistes : trop facile!

- Il a entendu dire que Guy Carbonneau pète pendant les matches (désagréable pour les joueurs quand ils sont sur le banc)

- Philadelphie était indubicontestablement (indubitablement incontestable) son premier choix

- Ça fera plus proche pour aller voir son dentiste à Buffalo

- Il va moins se faire chier avec les douanes

- Y’a pas de Réjean Tremblay à Philadelphie

- Ni de Mathias Brunet

- Ni de combien d’autres…  

Allez, Daniel, moi je te souhaite beaucoup, beaucoup de succès à Philadelphie!

Y’a de ces moments…

Publié dans Divers le septembre 7th, 2007

Oui, vraiment, y’a de ces moments, je vous jure… Je ne sais pas comment les qualifier, exactement, mais si je vous dis que tout ce que j’entreprends depuis quelques heures refuse à tout coup de fonctionner, vous aurez une idée du genre de soirée que je me farcis. On dirait que je suis Garfield, et que c’est lundi.  

Ça a commencé par un improbable problème sur Yahoo. Les 17 mails qui me servent à travailler sur le fichier de transfert de ma ligue de baseball sont devenus inaccessibles lorsque Yahoo a tout simplement décidé de flancher. Au moment où je cherche à entrer sur Yahoo pour y taper mon adresse et le mot de passe qui convient, je suis continuellement ramené sur la même page, celle-là même où je me dois d’entrer les informations que je viens de mentionner. J’ai eu beau recommencé des dizaines de fois, rien n’y a fait. J’ai tenté d’y aller par Yahoo Canada, Etats-Unis, France, Espagne et China, l’étrange « bug » se répétait inlassablement. La logique m’a donc recommandé de fermer ma fenêtre afin de recommencer du début, mais le problème persistait. En dernier recours, j’ai éteint le modem quelques minutes. J’aurais eu besoin d’une meilleure idée; celle-ci a fait aussi défaut que les précédentes tentatives. Me voilà donc coupé de mes courriels, et temporairement incapable de poursuivre le boulot à accomplir sur le fichier de ma ligue.  

Comme cela faisait déjà des heures que j’étais sur ce fichier, je me suis dit qu’une pause serait tout à fait appropriée. J’ai donc essayé quelques jeux qui ont pour habitude de me détendre. Je dis « essayé » parce que ça en est resté au stade de l’essai. Pour une raison qu’il vaut sans doute mieux ignorer, chacun des jeux a cessé de fonctionner après quelques secondes ou a tout simplement refusé de fonctionner. Bon. On trouvera bien autre chose.  

Au beau milieu de ces insuccès, il devait bien y avoir une bonne nouvelle. Le mal de gorge qui m’assaillait depuis mon retour de Québec semble être en voie de disparaître. J’ai la gorge qui pique, signe habituel que je suis en voie de guérison. Mais il reste un petit inconfort qui persiste et qui partira facilement à l’aide d’une pastille. Ah? Il n’en reste plus… Ça ne sent pas la moutarde, tout à coup, dans mes fosses nasales?  

Au moins, l’Internet fonctionne relativement bien. J’en profite pour compléter la liste de suggestions de films qu’un ami m’a demandé. Voilà une idée qui occupera à merveille cette mauvaise passe. C’était sans compter sur un autre imprévu : le site qui me sert à fouiller parmi les films que j’ai vus n’est pas accessible! J’ai beau essayer de diverses façons, il refuse de céder à ma requête et je demeure à nouveau frustré dans mes tentatives de faire quelque chose.  

C’est donc sans surprises que je repars sur un saignement de nez. Ça n’est que la suite logique du reste. Et j’ai les yeux qui brûlent, signe qu’une crise d’allergie approche à grands pas… Et si je m’envoyais au dodo, question qu’un coup de téléphone inopportun coupe ma nuit en deux après 3 heures de sommeil? C’est que je les connais, ces moments-là…