Ces jours-ci, au Québec, on n’en a que pour une seule histoire : Daniel Brière! Le diminutif joueur de hockey aurait apparemment failli passer proche de presque à peu près signer un contrat avec les Canadiens de Montréal. Ça se passait – ou plutôt, ça ne se passait pas! – au tout début du mois de juillet 2007. Près de trois mois plus tard, l’affaire bat toujours son plein, et moi, j’ai un véritable trop-plein à évacuer. J’ai besoin de vomir, de « diarrher », bref, d’expulser toute cette merde journaleuse loin de mes oreilles accablées.  

Car en termes d’imbécillité, mes oreilles n’ont pas été épargnées au cours de ces derniers jours. Tout un chacun, dans la grande famille journalo-mafiosienne-sportive québécoise, y va de son opinion et de ses croyances personnelles quant aux raisons qui ont poussé Daniel Brière à choisir Philadelphie plutôt que Montréal. L’exercice, qu’on pourrait croire futile et dérisoire, semble ici promu à un grand destin et on se croirait parti pour en entendre parler jusqu’à la fin des temps. Brière n’a pas signé ici? Mais pourquoi donc? Et la machine repart, tente d’analyser le pourquoi du comment qu’une telle chose se fut donc pu, mais comment est-ce donc? Mais pourquoi? Mais comment? Mais voyons donc? Et ainsi de suite…  

La dernière et plus insupportable théorie vaseuse à date est celle qui vaut autant que son auteur (l’ineffable Mathias Brunet, apparemment) et qui raconte comme quoi Brière n’a pas signé avec les Canadiens parce qu’on ne lui aurait pas permis de choisir ses compagnons de trio. Aussi farfelue qu’elle puisse paraître, les z’amateurs de z’hockey de la province entière ont attribué autant d’importance à la nouvelle que si Bernard Derome nous annonçait la fin du monde pour dans deux heures. Le Québec est presque à feu et à sang. « Se pourrait-ce-t-il donc? », se demande Danny Dubé. « Ma source est aussi sûre qu’un citron pressé », confirme Mathias Brunet. Chacun y va de son opinion d’expert en gérance d’estrade, et avant même que d’avoir pu crier pouce, voilà la télé inondée de mille théoriciens bavards en rajoutant à tout instant dans ce déjà-bordel clairement en voie de devenir méga-bordel.  

Qu’est-ce que cela peut bien changer, au fond? Tout, apparemment. Que Brière ait refusé de signer avec le Canadien pour une raison x plutôt qu’une raison y semble faire autant de différence qu’il peut y en avoir entre un diamant et une crotte de chien. C’est à croire que si ça continue, ça va finir en insurrection appréhendée. C’est qu’on n’est pas si loin de ça qu’on pense! Si Stéphane Gendron était maire de Montréal, sa lettre demandant à Ottawa de faire rentrer l’armée en ville serait déjà écrite et sur le point d’être envoyée! Et tout ça parce qu’un ti-cul de 5’9 a choisi la ville du « Brotherly love ». Comme ça semble loin, le « Brotherly love », à Montréal, tandis qu’on écoute les uns et les autres taper sur la gueule de Bob Gainey à grands coups de théories vaseuses…  

Alors, pour aider ces siphonnés de la penseuse, j’ai décidé d’y aller moi z’aussi de théories scabreuses et scandaleuses sur les raisons qui ont fait dévier Daniel Brière vers Philadelphie. Que chacun se serve, c’est gratuit, et si vous êtes journalistes, c’est un 2 pour 1!  

Daniel Brière a choisi Philadelphie plutôt que Montréal parce que :  

 l’aréna des Flyers est plus proche d’un Wal-Mart que le Centre Bell

 il a des livres en retard à la bibliothèque de son école secondaire

 le papier de toilette est plus doux à Philadelphie

 Rocky gagnerait n’importe quand contre Éric Lucas

 C’est trop humide à Montréal

 Les viaducs qui s’effondrent lui font peur

 Le taxi coûte moins cher à Philadelphie

 C’est moins sale là-bas qu’ici

 Il connaît moins de monde à Philadelphie, alors ça lui fait moins d’occasions d’aller au salon funéraire

Les toilettes de l’aéroport de Philadelphie sont plus propres que celles à P.E.T. Airpet

Le Viagra coûte moins cher à Philadelphie

Il a entendu dire que les papillons à Montréal ont la rage

 Plus de choix pour les prostituées à Philadelphie

 Plus de chances de rencontrer Madonna à Philadelphie

 Y’a moins de monde qui ont les cheveux peignés en brosse (à la Réjean Houle) là-bas

 On n’y entend pas Claude Poirier à tous les jours

 Les Flyers risquent d’être meilleurs que les Canadiens (tiens, on l’entend pas beaucoup, celle-là)

 Le fleuve St-Laurent l’intimide

 Le gazon est plus vert à Philadelphie

 Il a peur de la coiffure de redneck de Stephen Harper

 Il ne comprend pas le français baragouiné de Gainey

 Ça va faire moins de journaux à lire pour savoir ce qu’on dit sur lui

Le prix de la drogue est tellement moins cher là-bas

 Tous les déménageurs québécois étaient occupés, début juillet

 Ça sera plus facile de scorer CONTRE les Canadiens que contre les Flyers (bon point, à mon avis)

 Entre Philadelphia et une claque sur la gueule, vous prendriez quoi, vous autres?

 Il savait qu’en refusant de venir à Montréal, il déclencherait une guerre civile!!! (et comme il est sado sur les bords…)

La loi de Joffre et de l’Allemande, pardon, la loi de l’offre et de la demande

 Le flouze (l’argent)

 Il admire beaucoup Crésus

 Les banques ouvrent plus tard à Philadelphie

 Les Flyers lui ont promis de lui donner un gala de bienfaisance

 Il n’a pas sa carte du Beaver Club

 Une seule langue, dix fois moins de journalistes : trop facile!

 Il a entendu dire que Guy Carbonneau pète pendant les matches (désagréable pour les joueurs quand ils sont sur le banc)

 Philadelphie était indubicontestablement (indubitablement incontestable) son premier choix

 Ça fera plus proche pour aller voir son dentiste à Buffalo

 Il va moins se faire chier avec les douanes

 Y’a pas de Réjean Tremblay à Philadelphie

 Ni de Mathias Brunet

Ni de combien d’autres…  

Allez, Daniel, moi je te souhaite beaucoup, beaucoup de succès à Philadelphie!