Archive for novembre, 2007

La loi du plus cheap!

Publié dans Divers le novembre 25th, 2007

Vive la consommation! Vive le cheap labor! Vive le capitalisme!

Du temps de mes grands-parents, paraît qu’on achetait une voiture et qu’elle résistait des années et des années. Plus récent, à l’époque de mes parents, une laveuse, un four, un frigidaire, ça se gardait 30 ans. À un point tel que plusieurs des appareils ménagers se transmettaient d’une génération à l’autre. Mais cette ère désolante est révolue! Voici maintenant le règne de la bébelle cheap, qu’on achète en se croisant les doigts pour qu’elle nous dure au moins un an et qu’on décroise quelques jours après pour faire un doigt d’honneur à la compagnie qui a fabriqué cette chose qui nous fait soudainement pester!

À n’en plus douter, nous sommes définitivement entrés dans une nouvelle ère. J’avais commencé à m’en douter lorsque notre laveuse neuve, vieille d’une moitié de semaine, avait déclaré forfait. Les doutes s’étaient transformés en presque certitude après que le power supply de notre ordinateur neuf avait à son tour défunté au bout d’un gros mois. Maintenant, les preuves ne manquent plus. L’appareil fautif n’est désormais plus celui qui brise au bout d’un trop court laps de temps, mais bien celui qui nous surprend par sa longévité. « Tiens, notre téléviseur fonctionne encore après 2 ans? Il faudrait peut-être appeler le vendeur : il doit y avoir un problème! »

La liste des machins plus ou moins ménagers qui nous ont fait défaut un peu trop rapidement est trop longue pour que j’en dresse ici l’inventaire complet. Mais un nouveau-né vient de joindre la famille des défectuosités express, et j’ai nommé mon ultra neuf joystick. Acheté chez… oh et puis non, je refuse de nommer ce magasin et de leur faire de la publicité gratuite. Renommons-le donc… euh… « Étron en Gros », ça me semble assez anonyme. Quoi, mes pseudonymes ne sont pas très bons? Bah, c’est à la hauteur des produits de chez « Étron en Gros ». Et puis, mes pseudonymes, bien que cheaps, sont gratuits et surtout, garantis à vie sans frais supplémentaires.

Revenons donc à ma super manette. Elle est neuve à un point tel qu’un policier chevronné aurait de la difficulté à y trouver des empreintes. Achetée mardi dernier, donc le 20. Il s’en est même fallu de peu pour qu’elle ne soit déballée que le 21. Cette cochonnerie, Made in China où la cochonnerie fait loi, était emballée d’une façon assez hallucinante. Imaginez le joystick en question, et vous aurez le réflexe d’imaginer la boîte dans lequel il venait, non? Du tout. Il est même impossible de dire que le fabuleux objet était emballé. En fait, c’est comme si on avait fondu directement l’emballage plastique autour du produit. Pour venir à bout de l’emballage, il fallait être un bûcheron diplômé ou posséder l’expérience de Jack l’Éventreur! Mais je ne suis ni l’un ni l’autre. J’ai plutôt choisi de me battre avec le paquet une vingtaine de minutes, pensant que je finirais par trouver une ouverture magique, une fermeture-éclair en plastique, bref, quelque chose qui me permettrait de faire céder l’emballage sans l’intervention des pinces de décarcération.

Il n’en fut rien. J’avais beau tâter et triturer le paquet de toutes les façons, il ne bronchait pas. J’ai donc pris un couteau à lame mieux connu sous le nom d’exacto et je me suis livré à un difficile exercice de précision chirurgicale. Vous pensez que j’exagère? Le plastique était extrêmement difficile à couper puisqu’il épousait parfaitement la forme du joystick. De plus, je me suis rapidement rendu compte qu’il me fallait redoubler de précautions puisque je pouvais facilement endommager le précieux objet. Comme si l’aventure n’était pas assez éreintante, les parties que j’avais réussi à couper devenaient aussitôt dangereusement coupantes. J’ai même crû que dans un moment d’impatience, je m’ouvrirais la main accidentellement à cause du paquet coupant et je m’imaginais expliquant au médecin m’être ainsi blessé en essayant d’ouvrir un emballage de manette d’ordinateur…

Au bout de plusieurs minutes de frustration intense, je suis passé à l’outil de classe supérieure, du moins, dans sa maniabilité. Avec une paire de ciseaux, je me suis mis à essayer de couper en suivant le contour du joystick, mais sans plus de succès qu’avec l’exacto. Écoeuré, j’ai failli tout abandonner, mais l’idée de jouer un match de hockey sur l’ordinateur étant trop forte, j’ai redoublé d’ardeur. J’aurais eu moins de difficulté à venir à bout d’une ceinture de chasteté!

Chapeau au génie qui a inventé cet emballage. J’ai fini par trouver une méthode idéale, c’est-à-dire couper avec l’exacto dans le haut du paquet pour faire sortir la manette. Un seul hic : les fils du joystick sont cachés précisément à cet endroit. Il était donc impossible d’y aller par le haut, il n’y avait pas de bas et les côtés étaient absolument impénétrables. Il m’a donc fallu faire des dizaines d’entailles un peu partout sur le paquet jusqu’à temps qu’il accepte de céder : un vrai travail de boucherie!

Depuis, j’ai évidemment eu des heures de plaisir avec ma nouvelle manette. D’abord, elle est identique à la précédente mais en plus cheap, ce qui laisse bien augurer pour la prochaine génération. Mais ai-je vraiment dit avoir eu des heures de plaisir avec le joystick? Voilà peut-être une de mes rares exagérations… Quelques heures, probablement quatre ou cinq. Et puis…

Et puis, voilà, il s’est mis à déconner grave tantôt. Au beau milieu d’un match de hockey, tandis que je me battais de mon mieux pour conserver une avance de deux buts, j’ai eu le plaisir de voir le joueur que je contrôlais soudainement partir vers le « sud ». J’avais beau lui demander de remonter vers son filet, rien n’y faisait. Gauche, droite? À peine. Le joueur n’avait qu’une idée en tête, et c’était de mettre toute la gomme vers le bas de l’écran. J’ai donc essayé un autre joueur, mais il a aussitôt imité son coéquipier. Heureusement, les boutons fonctionnaient encore, et j’ai donc pu faire pause pour constater que le curseur du jeu se promenait à toute vitesse, entraîné vers le bas à son tour par une espèce de force invisible probablement Made in China elle aussi. J’ai pensé qu’il était sans doute mal connecté, alors j’ai déconnecté le joystick et l’ai reconnecté à l’ordinateur. Rien à faire, toujours ce désir de gagner le bas de l’écran.

Au final, j’ai du sortir complètement du jeu. Depuis, tous les tests menés sur cette merveilleuse manette se sont avérés concluants : elle ne fonctionne plus! Cinq jours à peine, et voilà qu’elle flanche déjà. Il faudra donc que je retourne chez Étron en Gros, le sourire aux lèvres et l’objet fautif entre les mains.

Mais il y a un détail qui vaut encore plus que tout le reste. Au moment d’acheter ce si joli produit, la caissière m’a convaincu de payer un extra de sept dollars qui me garantit que si l’objet cesse de fonctionner pour quelque raison que ce soit avant un an (ou était-ce plus?), je n’ai qu’à le ramener et ils m’en donnent un autre gratuitement et sans poser de questions. J’ignore ce qui m’a poussé à prendre cette option. Sans doute qu’au fond de moi, je sentais que le joystick était plus cheap que les précédents, pourtant tous de même marque. D’autres, par le passé, ont aussi déclaré forfait après peu de temps, le plus rapide étant un vilain deux semaines qui vient donc ici d’être éclipsé de façon magistrale.

Il me reste donc à retourner dans cet Étron en Gros, dont je déguise le nom afin qu’ils puissent continuer à vendre d’aussi excellentes cochonneries Made in China qui cesseront probablement de fonctionner pendant le transport jusque chez le client se les étant procurées. Et si vous avez un appareil ménager ou même simplement élétronico-merdique à vous procurer prochainement, assurez-vous de bien croiser les doigts avec espoir pour mieux les décroiser et démontrer votre appréciation avec l’aide du majeur quand l’objet aura cessé d’être. Sauf si c’est un majeur Made in China, évidemment!

Drôle de cauchemar

Publié dans Divers le novembre 19th, 2007

Les séances de cinéma nocturnes qui défilent dans mes rêves sont parfois récurrentes et certains des cauchemars que je fais de façon plus ou moins régulière reviennent depuis aussi loin que la petite enfance. Mais il en est un qui ne trouve sa source que dans ces dix dernières années, puisqu’à chaque fois, je me retrouve dans l’univers côtoyé en tant qu’étudiant en art dramatique.

En fait, qualifier ce songe de cauchemar est un peu tiré par les cheveux. On est loin des scènes parfois épouvantables qui hantent certains autres de mes rêves. Celui dont je subis quelquefois les étranges manifestations n’est pas concrètement un souvenir. Les gens que j’y vois sont les vrais collègues étudiants avec lesquels je jouais à l’époque. Le reste diffère de temps à autre, que ce soit au niveau de la pièce de théâtre que nous nous préparons à jouer ou même des circonstances faisant que nous soyons en répétitions. La seule chose qui revient à chaque fois est un sentiment de panique qui me prend lorsque, pour des raisons diverses, j’en arrive à réaliser que bien que la pièce sera jouée trois ou quatre jours plus tard, je n’ai absolument pas appris mon texte. Dès lors, le rêve prend une allure tourmentée et j’y passe le plus clair de mon temps à continuer de rater d’excellentes occasions d’apprendre mon rôle. Le plus difficile est de devoir cacher cette triste vérité à mes camarades, tandis que le moment de la pièce approche inexorablement. Dans certains cas, le rêve s’est même rendu jusqu’à quelques instants avant le début de la première représentation. Chaque fois, à mon réveil, je suis saisi d’une panique qui est si palpable que j’en viens à me demander si j’ai réellement un texte à apprendre tant ce bizarre cauchemar est d’une véracité frappante.

Le fait de rêver à cette situation paniquante dix ans après mes études en théâtre me confond totalement. J’en suis venu à me demander si je n’ai pas réellement vécu de tels instants. L’effort à fournir pour me souvenir en détail des différents textes que j’avais eu à jouer est énorme, et pourtant, je demeure incapable de trouver une occasion où j’aurais malheureusement oublié d’apprendre mes lignes. Je n’arrive donc absolument pas à m’expliquer les raisons d’un tel rêve où l’emphase est mise sur mon échec à apprendre un texte par cœur. Puisqu’il ne m’est pas arrivé, lors de mes études en art dramatique, de manquer de temps pour apprendre un rôle qui m’était assigné, il est extrêmement curieux qu’aujourd’hui je sois hanté par la récurrence d’un rêve dans lequel je revis continuellement une scène paniquante n’ayant jamais eu lieu dans la réalité. Cela devient encore plus stupéfiant quand je constate qu’à l’époque, même si j’ai manqué de confiance à bien des égards, apprendre un texte de théâtre ne m’a jamais inquiété. Je n’ai aucun souvenir d’avoir manqué de temps pour en arriver à complètement connaître l’ensemble de mes répliques, ni même d’avoir eu à être paniqué par l’idée de ne pas y arriver.

Certes, personne n’est à l’abri d’un blanc de mémoire, mais ce n’est absolument pas cela dont il est question dans mes rêves. Avoir un blanc sur scène est extrêmement paniquant, mais n’a rien à voir avec le fait d’avoir appris son texte ou non. D’ailleurs, dans mes souvenirs, je n’ai pas eu à souffrir d’un tel oubli et même si je subissais le trac, une fois sur scène, j’étais assez en contrôle pour me rendre compte quand mes partenaires oubliaient quelques lignes! Cela contribue donc à ce que je sois encore moins en mesure d’expliquer cet étrange rêve qui me saisit de temps à autre.

Sans doute plus étrange encore est le fait que si la pièce à apprendre ou les circonstances d’avoir à la jouer changent à chaque fois, les gens de mon entourage soient exactement les mêmes qu’à l’époque. Je me retrouve donc plongé exactement comme il y a dix ans, parmi les mêmes professeurs et étudiants, ce qui rend encore plus « crédible » le rêve au moment où je le fais. Car il arrive parfois, lors de d’autres rêves, que je me rende compte que tout y est si impossible que j’en viens à la conclusion qu’il doit s’agir d’un rêve! Mais cette possibilité ne m’est jamais offerte lorsque je me retrouve en train de paniquer à l’idée de ne pas savoir mon texte.

Tous les psychologues et autres spécialistes apparentés auraient certainement leurs opinions sur un tel rêve. Mais je ne suis pas certain de vouloir en croire une seule. Les experts freudiens m’attendraient dans le détour avec des explications pseudos sexuelles, les nécromanciens en herbe y verraient probablement l’abus d’une plante magique et les chamans diplômés s’interrogeraient sur l’influence de la pleine lune sur mon loup-garou intérieur. Quoiqu’il en soit, je préfère rêver à cet état de panique que de me voir en songe entre les mains de ces inquiétants personnages. Qui sait, ils parviendraient sans doute à théoriser comme quoi je n’arrive pas à apprendre le texte de mon propre rôle? Ah oui, j’oubliais : et ils crétiniseraient de la sorte en me refilant une facture de plusieurs centaines de dollars… Je leur préfère les doux cauchemars en plein sommeil… au moins, quand on se réveille, c’est terminé!

Changer pour… le pire

Publié dans Divers le novembre 9th, 2007

Autre sortie, autre déception : il semble que tous les restaurants que nous re-fréquentons dernièrement se soient donnés le mot pour éviter de nous revoir! Ou alors, « tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire! » (Phèdre, Jean Racine) Car c’est véritablement l’impression qui finit par se dégager de cette récente accumulation de déceptions culinaires.

Après que le sympathique « Acropolis » ait troqué ses supers serveuses et une nourriture de qualité pour une salle à manger améliorée et une confusion inégalée en matière de service, ce fut au tour de l’habituellement fréquentable « Carlo’s & Pepe’s » de sombrer dans le bas de gamme, ainsi que nous l’avons malencontreusement expérimenté ce soir. Mais commençons avec nos aventures acropoliennes puisqu’elles valent amplement le détour.

Tout restaurant qui se respecte devrait chercher à ne jamais changer une formule gagnante. « Acropolis » était un petit restaurant grec sans prétention, extrêmement abordable et servant les meilleures patates grecques en ville. Extrêmement bien caché au beau milieu d’un quartier résidentiel, il ne manquait pourtant jamais de clientèle et je ne me rappelle pas y être allé sans qu’au moins une tablée de 8 personnes ou plus n’y ait pris place en même temps que nous. Je n’ai pas non plus de souvenance d’avoir vu l’endroit en difficultés, bien que je doive avouer avoir été un bon moment sans le fréquenter.

Nous en avons finalement eu la chance dernièrement. Première surprise : la salle à manger a subi quelques changements et semble désormais plus grande. Deuxième surprise : le menu a été quelque peu modifié et comme souvent, c’est moi qui écope. Le meilleur plat du restaurant, la sublime brochette de filet mignon, est maintenant accompagnée de scampi. Tout ce qui sort de la mer m’écoeure autant que tout ce qui sort d’un maire (surtout le maire Tremblay de Saguenay!). J’ai donc du opter pour le steak de filet mignon, servi avec une sauce au vin avec champignons et poivrons verts. Dès que nos commandes furent prises, l’étonnement a fait place à la stupéfaction, et la serveuse n’a pas perdu de temps avant de nous démontrer l’étendue de sa confusion. D’abord, elle est revenue afin de vérifier si j’avais bien pris la brochette de filet mignon et scampi, ce qui n’était absolument pas le cas! Ensuite, nos plats étant servis avec un choix de salade césar ou du chef en entrée, j’ai évidemment pris l’herbe du chef à cause de mes allergies alimentaires. Mais voilà, j’ai plutôt eu droit à la salade césar. Plutôt que de retourner le plat – je n’ose imaginer ce que le chef ferait au plat qu’il me retournerait – j’ai choisi de « picosser » dans ma salade, en me croisant les doigts de ne pas trop souffrir par la suite. Tout comme le plat principal, la serveuse s’est rapidement rendue compte de son erreur et a insisté pour changer ma salade, ce que j’ai refusé parce qu’un demi bol de salade vaut mieux qu’un et demi et que de toute façon, je craignais qu’elle se trompe dans le choix de la vinaigrette.

Une fois les plats principaux arrivés, j’ai tout de suite su que le fameux restaurant venait de baisser dans notre estime. Mon filet mignon était énorme et trempait à moitié dans son sang, bien que j’en avais demandé la cuisson semelle de botte au quart calcinée. Dans ces cas-là, je parviens à tout avaler en me concentrant énormément sur l’accompagnement. Évidemment, les patates grecques n’étaient plus aussi fabuleuses qu’autrefois. J’ai donc du me rabattre sur la sauce au vin – un 8/10 sur l’échelle des Beurk! – ainsi que sur la tonne et demie de champignons et de poivrons verts servant à masquer le riz mal cuit. J’aime bien les poivrons verts, mais si j’avais rapiécé tous les morceaux contenus dans mon assiette, j’aurais sans doute assemblé 6 ou 8 poivrons complets! Quant aux champignons, je ne déteste pas, mais il ne faut pas que j’en mange trop souvent. À mon grand malheur, il devait bien y en avoir 3 ou 4 kilogrammes pour moi seul. J’étais donc fort embarrassé, devant continuellement alterner entre un steak à moitié saignant, une ragoûtante sauce au vin dans laquelle je trempais d’énormes morceaux de champignons ainsi qu’une demi-douzaines de poivrons verts coupés en longues languettes. La joie, quoi!

Mademoiselle Confusion en rajouta au dessert. Même si elle nota nos choix et alla directement nous servir nos portions, elle trouva le moyen d’oublier ce que je lui avais commandé 15 secondes auparavant et m’apporta une portion de gâteau bourré d’œufs. Inutile de dire qu’elle était rouge de honte. Soirée difficile… et qui n’était pas terminée! Au moment de nous présenter la facture, quelque chose clochait : la taxe était exorbitante, soit plus de 41% du total de la facture! Heureusement que ma blonde était vigilante…

Ce qui nous amène donc au fiasco de ce soir et la décevante escapade au centre-ville. Bien que Carlos & Pepe’s ne constitue pas de la fine cuisine mexicaine, à chaque fois que nous y avons mangé, nous en sommes ressortis heureux et repus. Le menu y est – pour moi, du moins – exceptionnellement varié et je n’avais jamais été déçu auparavant. Mais toute bonne chose a une fin, comme nous le disent si justement les phrases toutes faites. Après un bon début en compagnie de leurs nachos avec une succulente salsa aux fraises, nous avons rapidement déchanté. On venait de passer notre commande – quoi, 2 minutes auparavant? – lorsque nos plats nous ont été servis. J’en étais estomaqué! Avais-je dormi sur mon siège, ou même enlevé par les extra-terrestres et ramené à ma place 20 minutes plus tard sans qu’il n’y paraisse? Ahurissant! J’avais pris à peine deux gorgées du Daiquiri à la lime commandé comme apetizer! Mais bon, la faim étant ce qu’elle est, nous nous sommes sustentés, comme disent si bien les intellectuels à la noix. Oufff!

Ma blonde n’a pas perdu de temps avant d’avoir de curieux symptômes sur la langue. Son amie Karine a peu après semblé souffrir de brûlements (je me trompe peut-être là-dessus). Sur le coup, je me suis crû en sécurité. Erreur, grande erreur. Lorsqu’à la fin du repas, j’ai constaté que mon Daiquiri était presque encore plein, je me suis forcé à le vider. J’ai alors compris que les soupçons de ma blonde à l’endroit de son apéritif (un Margarita également à la lime) étaient fort probablement justifiés. À chaque fois que je prenais une gorgée de la douteuse mixture, la gorge se mettait à me chauffer. Un ou deux verres de plus et j’aurais sans doute parlé comme Éric Lapointe! En matière d’apéritif, j’ai déjà vu mieux, mais si c’était de l’acide à batterie d’auto, chapeau, c’est de la bonne! Pourtant, un repas pris au même restaurant quelque part au mois d’août s’était avéré succulent et les boissons étaient absolument délicieuses.

Maintenant, je suis pris de doutes supplémentaires qui ne font qu’aggraver le cas de Carlos. Je connais ma digestion assez bien pour savoir qu’il doit s’écouler un certain laps de temps avant que je ne sois appelé à faire ma ronde au petit coin. Ce laps de temps n’a pas été atteint ce soir, il a plutôt été devancé, et de façon un peu trop violente à mon goût. De plus, je sens que la mésaventure n’est pas terminée : Carlos « cogne à la porte », si je puis m’exprimer ainsi.

Se pourrait-il que ces abrutis aient eu nos plats à portée de micro-ondes et qu’ils les aient gardés « frais » à l’aide d’un produit quelconque? Je me sens tout à fait comme après que j’aie mangé dans certains buffets chinois… Et c’est tellement « tout comme » que je peux carrément deviner ce qui aurait été inscrit dans mon biscuit de fortune : « Vous régnerez en roi et maître sur le trône du cabinet d’aisances! »