Depuis au moins une heure et sans doute un peu plus, je suis habité d’un air de classique plutôt surprenant. Il s’agit ni plus ni moins du Stabat Mater de Pergolesi. Vous comprendrez que j’en suis moi-même étonné, étant athée jusqu’au bout des ongles, mais voilà, le morceau s’est mis à jouer dans mes oreilles sans aucune raison apparente et il m’a fallu faire quelques recherches pour trouver le nom de l’œuvre et celui de son compositeur.

Pourtant, hier à peine, les oreilles me bourdonnaient au sortir du party de Noël de bureau de ma blonde. La musique y était assourdissante à un point tel que j’en avais des vertiges, comme si mon sens de l’équilibre en était affecté. Même si je ne danse absolument pas – j’ai sans doute tout donné dans une autre vie – je comprends que mes congénères s’y sentent obligés et je respecte leur désir d’aller gesticuler en groupe au son des plus grands succès de boum boum de ces trente dernières années. Des heures après être parti de cette soirée haute en vacarme, je ressentais toujours un bourdonnement intense. Une heure de plus dans cette fête, et je me tryphontournesolisait pour de bon!

Mais là, je vois difficilement ce qui a pu me mettre un hymne chrétien dans la tête. Je n’ai vu aucun film qui comptait cette musique au programme et bien que je sois certain avoir vu au moins un film qui utilisait cet air à un moment ou à un autre, je serais incapable d’en nommer le titre. L’air doit donc provenir d’ailleurs. Mais que signifie donc Stabat Mater, exactement?

Il s’agit d’une prière dont le nom est une abréviation de Stabat Mater dolorosa, son premier vers en latin, qui se traduit apparemment ainsi : « La Mère des douleurs se tenait debout ». Tiens donc… Apprendrais-je dans les prochaines heures le trépas d’une femme qui s’est tenue debout? Car pourquoi ai-je cet air en tête depuis une heure ou deux? Et pourquoi précisément la version de Pergolèse? Assurément, il ne s’est pas infiltré dans mes oreilles durant ce fameux party de Noël musical à souhait!

Pour ceux qui ont besoin de se faire rafraîchir la mémoire – tout comme moi, précédemment – visitez YouTube. Pour une raison qui m’échappe, je suis incapable de faire fonctionner ici le lien. Stabat Mater et Pergolesi; vous aurez ainsi un aperçu du spectacle qui se déroule sans cesse dans mes oreilles depuis une centaine de minutes.

Sur ce, je me souhaite bonne nuit. Car si les deux dernières heures ne sont qu’un aperçu de ce qui m’attend en songes, je peux d’ores et déjà aller me préparer du maïs soufflé…