Je viens à peine de terminer le visionnement d’une vidéo et j’en ai encore la mâchoire décrochée! « Imbécile » n’est pas assez fort comme mot pour qualifier cette chose, sorte de pub-fiction complètement ridicule et qui n’existe que pour ploguer le camion Ford Escape.

Mauvais.

Mauvais.

Mauvais.

Pire, même.

Prenez votre courage à deux mains et régalez-vous en allant visionnez la cochonnerie dont je vous parle:

http://fr.video.canoe.tv/video/en_vedette/%C3%A3%EF%BF%BDpisode_3_-_rupture,_confidences_et_claquement_de_porte%21/2942523001

Vous verrez, le qualificatif mauvais semble trop faible pour définir le contenu de la vidéo. Sans surprise, c’est Canoe.tv qui a mis le tout sur son site. On peut déjà imaginer TVA revoyant les textes de ses téléromans pour élever le placement de produit au niveau éhonté tel que vu dans les vidéos disponibles sur le site de Canoe.tv. Car on n’en doute pas un instant : la télévision sert déjà de placement de produit. Parfois, ce n’est même pas subtil. Mais là, dans les vidéos (car il y en a déjà trois!) de Ford Escape, on ne fait surtout pas dans la subtilité! C’est gros, c’est nul, c’est archi-mauvais et ça se veut dégénératif. Ça prend les gens pour des moins qu’abrutis, tout bonnement.

Même les pires films étudiants que j’ai vus lors de mes études en cinéma étaient de loin supérieurs à ces vidéos promotionnelles. C’est mal tourné, mal filmé, mal écrit et hyper mal joué! Dans « l’épisode 2 » titré « Quelles vacances! », le navet déguisé en comédien n’arrive même pas à articuler correctement, et il bredouille un joli « V.U. hisse » bien senti (vengeance du comédien ou personne n’a eu le talent de remarquer ce détail au tournage?) à « Isabelle », celle qui croit par erreur avoir le premier rôle de la « série » – eh non, c’est le camion!

Ford pousse même l’audace jusqu’à impliquer des enfants dans leur machin d’extrême mauvais goût. Ils ne sont plus utilisés comme figurants, mais ils ont du texte et celui-ci n’est rien d’autre que de la pure promotion du genre « Maman, depuis que tu as ton Ford Escape, tu n’arrêtes pas de nous dire combien il est spacieux! » Il ne faut surtout pas avoir de conscience pour utiliser des enfants dans un dessein commercial. Oh, pas que Ford soit la seule compagnie à le faire, mais de mémoire, je ne me souviens pas qu’on ait fait répéter du texte à des enfants pour un produit qui ne les concerne pas! Qu’un enfant me vante le bonheur qu’il retire à s’amuser avec son jouet dans la publicité du jouet en question, soit! Mais qu’il argumente à propos des qualités d’un « V.U.-hisse », là franchement, on frise l’hystérie. Pourquoi pas un enfant qui nous raconterait les avantages d’utiliser le condom? Ce serait à peine plus pervers, à peine.

Je vous recommande particulièrement l’épisode 1 intitulé « Au voleur ! » Je pensais avoir tout vu en matière de mauvaise interprétation d’acteur, mais l’acteur qui personnifie le vendeur de Ford Escape repousse passablement les limites! J’obtenais du meilleur jeu de comédiens amateurs quand j’étais au Cégep. La réalisation n’est pas non plus de calibre, comme cette scène de rêve où Isabelle se voit en rêve : j’ai failli tomber en bas de ma chaise en la voyant se frotter, oui, oui, se frotter, contre son futur Ford Escape. C’est de la véritable publicité pornographique, rien de moins. J’ignore encore quelle scène est la plus ridicule entre celle du frottage et celle où une voix hors-champ s’élève pour répondre à une question d’Isabelle, semblable j’imagine à celle de la voix du maître dans Loft-Story, et Isabelle se trémousse sur son siège en écoutant la réponse et en gloussant quantité de « hooooon » comme la parfaite consommatrice que l’ « hooooooon » devrait tous être.

« Je vous montre le véhicule? »

« Houuuuuuuu! »

J’en ai les larmes aux yeux. Mais ça n’est pas que de rire, je vous le jure.

Mais la palme revient définitivement à l’épisode 3, judicieusement intitulé « Rupture, confidences et claquement de porte! » C’est l’exemple parfait de l’abrutissement. Dire que des gens ont été payés pour créer « ça »! Tout y pue affreusement : le jeu, le cadre, les textes, tout! La seule chose qui brille, et le gars des vues avec qui tout est toujours arrangé a été payé très cher pour que ce soit ainsi, c’est le char. On ne compte plus le nombre de plans où la caméra sort du véhicule et le filme comme si c’était une sensuelle jeune femme en petite tenue étendue sur le divan de notre salon. Déjà qu’Isabelle rêve de se frotter contre le Ford Escape dans l’épisode 1!!! D’ailleurs, la finale est toute aussi imbécile que le reste : Isabelle se rend compte que son amie a oublié de lui dire avec qui son chum l’a trompée! Ben voyons, Isabelle : avec ta Ford Escape!!!