Archive for février, 2009

La ministre Calinours

Publié dans Divers le février 23rd, 2009

La honte, ce soir, en entendant la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, parler des moyens qu’elle a l’intention d’utiliser pour combattre le fléau de l’intimidation à l’école. Elle était invitée à Tout le monde en parle tandis que la disparition d’un jeune adolescent, victime d’intimidation à l’école, continue d’inquiéter la population. Cette triste histoire se déroule au Saguenay.

Je suis autant, sinon plus attristé de cette affaire que ne peut l’être madame la ministre. Mais je suis également atterré de ses propos quand elle se promet d’enrayer ce problème « à tout prix ». Non seulement ses idées sonnent tellement vagues qu’elle ne semble pas y croire elle-même, mais elle a une vision des choses qui permet de voir à quel point elle n’a pas du tout le sens de la réalité.

Pour elle, l’école doit devenir « un lieu d’amour et d’affection ».

Pardon?

Dans quel monde vit-elle? C’est à croire qu’elle est allée à l’école dans une bédé du genre Babar l’éléphant. C’est sidérant d’entendre un tel discours de la part d’une personne responsable de l’éducation au niveau provincial.

Le reste de son plan n’est guère mieux. Elle va enrayer l’intimidation à l’école grâce au dialogue. Ah bon? A-t-elle seulement une petite idée de ce que c’est, que l’intimidation à l’école? À l’écouter, il faut croire qu’elle n’a pas non plus un portrait réaliste de l’école tout court, avec son but d’en faire un lieu d’amour et d’affection. Ce n’est pas la définition d’un bordel, ça?

Madame Claude vous invite à venir voir ses filles dans sa maison de joie, un lieu d’amour et d’affection!

Eh misère…

L’ancienne victime d’intimidation que je suis avait le goût de vomir tout au long de l’entrevue avec notre super ministre. Je n’ai pas eu l’impression une seule seconde qu’elle comprenait quoi que ce soit à ce problème particulier. Au contraire, elle lance des idées qui ne sont en rien une solution, ou alors, à peine.

Les méthodes d’intimidation ont certainement évolué. À mon époque, les jeunes n’avaient pas de cellulaire avec lequel prendre des photos, ou de Ipod à se faire voler et encore moins d’Internet pour salir une réputation. J’ignore si c’était mieux alors ou non, et ce n’est vraiment pas important de toute façon. Mais pour être passé « par là » et avoir vu l’impact absolument dévastateur du dialogue de paix, je ne peux pas m’empêcher de réagir.

Mon père a été un extraordinaire jeteur d’huile sur le feu. Cet être de paix, d’amour et de respect (mon œil…) s’est assuré de m’interdire de répliquer à mes tourmenteurs. Pire : il est venu les voir à l’occasion, dans la cour d’école, afin d’y aller d’un beau discours… d’amour et d’affection, justement. Il forçait mes bourreaux à me serrer la main et à se déclarer mes amis, après quoi il repartait, satisfait. J’aurais voulu que Michelle Courchesne voie la scène dès lors que le paternel disparaissait au loin. On me faisait payer cher l’intervention de mon père, intervention que je n’avais en rien demandée, bien au contraire. Je connaissais trop mes ennemis pour savoir que ce serait un coup d’épée dans l’eau et qui ne mènerait à rien de mieux qu’une avalanche de coups pire que ceux d’avant.

C’est ça qu’elle souhaite, l’ahurissante ministre de l’Éducation? C’est bien naïf de penser de telles choses. Le dialogue qu’elle souhaite entamer n’est malheureusement pas bien dirigé. Les intimidateurs ne sont pas du genre à se faire réprimander et à comprendre qu’il vaut mieux changer d’attitude. Ce sont plutôt des jeunes qui n’ont rien à foutre des adultes qui cherchent à leur imposer un code moral. Sont-ils eux-mêmes victimes à la maison? C’est possible, et alors ils répètent un comportement qu’ils subissent ou déchaînent simplement leur haine d’eux-mêmes sur un autre sans défense.

Le problème n’est pourtant pas difficile à comprendre. Du moins, chez les garçons, car je ne peux pas parler de l’intimidation chez les jeunes filles ne l’ayant pas vécu. On s’en prend à des plus faibles que soi, surtout s’ils sont différents, obèses, roux, bégaiement, etc… Ça ne veut pas dire que tous les roux sont intimidés, ou tous les gros, et que tous les « normaux » sont à l’abri, bien au contraire. Tout le monde est testé. Et dès qu’on en trouve un qui ne réplique pas, qui ne se défend ni verbalement ni physiquement, il devient la nouvelle tête de turc de tout le monde.

C’est pire encore lorsque l’intimidé connaît du succès au niveau scolaire. Pour les gars du primaire et du secondaire, c’est tout à fait normal que les filles soient bonnes à l’école. Mais qu’un gars pète des scores dans des matières autres qu’en gym, ça, ça n’est pas cool. Et alors, on tape dessus autant qu’on peut, on le persécute, on le pourchasse, bref, on le fait chier.

Je délire? Venez m’expliquer d’abord pourquoi je garde une tonne de souvenirs de garçons de mon âge célébrant fièrement leur 63% obtenu dans le travail que le professeur vient de leur remettre. Moi, j’obtenais plutôt des 98%, et jamais ça ne m’a attiré des félicitations des ti-culs autour de moi. À 10 ans. À 13 ans. À 16 ans. Mes récompenses, je vous laisse les imaginer, mais elles se donnaient généralement du bout du pied, ou alors le poing fermé.

Après un monumental échec au privé, lors de mon secondaire I, j’ai fini par opter pour une stratégie que je croyais géniale. Dès mon transfert dans une école publique pour le secondaire II et la suite, j’ai cessé d’obtenir de brillants résultats en faisant intentionnellement baisser mes notes vers des niveaux plus « acceptables », sous la barre des 80%. Plusieurs profs s’en sont rendus compte tout au long de mon cheminement au secondaire, mais je n’allais pas leur donner la preuve qu’ils avaient vu juste puisque les coups physiques avaient à peu pris fin. Je tombais sur un bourreau occasionnel qui s’acharnait sur ma personne pendant quelque temps, mais cela n’avait absolument rien de comparable avec ce que j’avais enduré au cours de mon primaire et de ma seule année au privé.

Puis, est arrivé un cours de gym où deux de mes tourmenteurs à temps partiel sont venus me troubler dans un coin, hors de la vue du professeur. C’est devenu assez physique pour me faire trembler car ça ressemblait de plus en plus à ce que j’avais connu de si pénible. Mais pour une raison que j’ignore, j’ai passé outre les sempiternelles indications paternelles et j’ai fini par répliquer. Oh, rien de bien glorieux, une simple poussée. J’ai poussé un de mes bourreaux. J’ai fait ce geste en craignant pour la suite de mon existence et je me souviens avoir pensé que je vivais là ma dernière journée sur Terre. Sauf qu’il s’est passé quelque chose que je n’aurais jamais au grand jamais anticipé : mes persécuteurs ont cessé leurs tourments et m’ont souri. Souri!!! L’un d’eux m’a ensuite dit à quel point il était content de voir que j’étais capable de me défendre. J’ai eu droit à une tape sur l’épaule, je veux dire une tape amicale, d’encouragement. Un genre de « Tu vas être correct, mon gars ». Ce sont mes propres bourreaux qui m’ont dit ça. C’est majeur.

Ça a été la fin absolue de n’importe quel genre d’abus sur ma personne. On ne m’a plus jamais touché, frappé, tourmenté. Jamais. Et ce n’est pas parce que j’ai pris l’habitude de répliquer, mais bien parce que ce genre de situation déplaisante ne s’est jamais reproduite. Il ne suffisait que de répliquer. Il m’aura fallu longtemps pour le comprendre, mais voilà, je n’ai eu besoin que de le faire une fois et tout a changé drastiquement, et pour le mieux.

Loin de moi l’idée d’imposer à tous ceux qui sont intimidés des cours d’auto-défense ou autres trucs du genre. Ça ne servirait à rien s’ils ont pour principe de ne pas répliquer, ou si quelqu’un à la maison leur a fait jurer de ne jamais se servir de ses poings. Je m’en suis sorti sans donner un coup de poing, mais le simple fait de pousser mon tourmenteur a eu sur lui l’effet absolument contraire à celui que j’avais toujours anticipé.

Dialogue? Amour et affection? Laissez-moi rire, madame la ministre! Tendre l’autre joue? Encore moins. D’ailleurs, tous les professeurs qui étaient témoins de mes malheurs m’encourageaient à répliquer. Il est malheureux que j’aie plutôt choisi d’écouter le seul qui me disait de prêcher par la bonne parole et autres niaiseries. Un prof en particulier avait vu juste quand il avait dit que tant que j’écouterais mon père, je ne m’en sortirais pas. J’ai beaucoup pensé à ce prof le jour où ma réplique m’a valu du respect, du vrai. Dommage qu’on soit pris avec une ministre qui a des projets un peu plus Calinours pour les victimes d’intimidation…

Moi, Richard Martineau!

Publié dans Divers le février 2nd, 2009

C’était la première de l’année 2009 à Tout le monde en parle et mon chroniqueur préféré y a fait un passage plus que remarqué. Le flexible Richard Martineau était invité pour discuter entre autres de son refus de quitter le Journal de Montréal dans lequel il interprète avec brio le rôle d’un chroniqueur censé être intelligent. Rappelons que les employés du journal sont en lock-out depuis une dizaine de jours, mais qu’en tant que pigiste, Martineau et quelques autres chroniqueurs ou collaborateurs au JdeM n’est pas syndiqué et ne se considère pas touché par la situation au journal.

Mis face à Raynald Leblanc, président du syndicat des employés du Journal de Montréal, Richard Martineau a fait la preuve une fois de plus que tout ce qui compte dans sa petite vie, ce sont ses propres intérêts. Se déclarant neutre vis-à-vis du conflit opposant les syndiqués et la partie patronale – c’est l’argument qu’il a servi pour justifier le fait qu’il ne cessera pas ses chroniques – Martineau a passé son temps à clairement prendre position en faveur de Québécor, coupant la parole à quiconque n’était pas d’accord avec lui et son si digne patron.

Pourtant, elle n’est pas si loin l’époque où Martineau pourfendait l’empire de P-K. Péladeau alors qu’il était chroniqueur au Voir. Seulement, le personnage a ceci de particulier que dès le jour où ce même Péladeau lui a offert un poste grassement payé au sein de son Journal de Montréal, il a subitement cessé d’être critique envers son nouveau patron et s’est aussitôt mis à lui trouver moult qualités et nobles intentions. Je lisais Martineau régulièrement dans le Voir, et j’ai cru naïvement que, comme plusieurs autres, je passerais par-dessus mon dégoût de tout ce qui touche à Québécor pour continuer à lire les textes de Richard Martineau. Il n’en fut rien. À la lecture de sa première chronique, j’avais peine à croire qu’il s’agissait bien du même Martineau que j’avais si longtemps lu dans le quotidien culturel gratuit. Se pouvait-il qu’il ait si facilement changé son fusil d’épaule? Eh oui. Martineau nous en beurrait épais, alléguant que le Journal de Montréal lui offrait enfin la chance de concrétiser un rêve qui était d’écrire une chronique régulière dans un grand quotidien. Ah bon? Et tous ces textes dans lesquels il avait tiré à boulets rouges sur ce même JdeM et sur son grand manitou? Visiblement, Martineau reniait tout cela. Depuis ce jour, il lèche avidement les bottes de son nouveau patron et le défend peu importe les occasions, un peu comme il l’a fait ce soir à TLMEP. C’est d’une tristesse, vraiment…

L’homme qu’il est m’est tellement devenu antipathique que j’ai été incapable de continuer à regarder Les Francs-Tireurs. J’ai essayé, pendant un bout de temps, mais il me venait des boutons chaque fois que je l’apercevais à l’écran. Sur les conseils d’un ami, j’ai également essayé de l’écouter à la radio : on m’assurait qu’il était vraiment « moins pire ». Mais la seule fois où je me suis donné la peine de l’entendre, j’ai senti la moutarde me monter au nez avec une rapidité déconcertante. Bref, je suis devenu allergique à la pute de service qu’il est devenu. Cet ancien faux défenseur de la veuve et de l’orphelin m’a donné la preuve ultime ce soir qu’il fait partie de ce groupe sélect d’individus qui m’éblouissent de par leur manque total de crédibilité. À ce chapitre, Martineau est vraiment devenu un champion.

Je n’arrive même plus à être en accord avec lui sur n’importe quel sujet. On dirait qu’il aborde tout avec la philosophie de celui qui tient absolument à avoir l’opinion la plus contraire au bon sens, tout en ayant raison. Par exemple, il a critiqué Radio-Canada de donner la parole à seulement un des partis dans le conflit, à savoir les syndiqués. Ah bon? Croit-il sincèrement que PKP aurait pris la peine de venir faire un tour, lui qui peine à permettre aux employés de son réseau TVA d’apparaître chez la « concurrence »? Franchement, Richard, il faut vraiment manquer de foi pour y aller d’un commentaire semblable!

Et que dire de ce moment où il a ouvertement insulté une avocate avec un manque de tact flagrant? Superbe. C’est Dany Laferrière qui avait parfaitement raison en affirmant que Richard Martineau vivait « intellectuellement au-dessus de ses moyens »; ce dernier nous en fait constamment la preuve. D’ailleurs, à son premier passage à TLMEP, Martineau s’était déclaré « contre Passe-Partout » et ses absurdités avaient donné d’excellents moments lorsqu’il s’était fait varloper par Marie Eykel, notamment. Ce soir, il semblait décidé à ne laisser personne le contredire, particulièrement lors de l’entrevue avec Jean-François Mercier. Heureusement, l’humoriste sait se défendre et on se régalait de voir la foule entièrement appuyer Mercier lorsqu’il remettait Martineau à sa place ou qu’il cherchait seulement à cesser de se faire interrompre par le « brillant » chroniqueur.

À nouveau, lorsque Karine Vanasse et Denis Villeneuve ont été reçus pour parler de la sortie du film Polytechnique, Martineau n’a pu s’empêcher d’exprimer le grand n’importe quoi qui lui coule de source. Le pauvre a raconté comment sa journée avait été gâchée après avoir été au cinéma pour y voir une comédie et que la bande-annonce du film de Villeneuve lui avait coupé toute joie de vivre. Vraiment, Richard! Puis, il a remis sur le plateau sa haine farouche des féministes en ramenant inutilement les propos de certaines féministes qui avaient dit, à l’époque de la tuerie, qu’il y avait un Marc Lépine en chaque homme. Ok, c’était plutôt intense comme propos, mais il faudrait en revenir! D’ailleurs, plutôt que de chercher à comprendre pourquoi des féministes avaient tenu ces propos et ce qu’ils pouvaient réellement vouloir dire, Martineau avait, comme à son habitude, perdu son sang-froid et déclaré la guerre à ces féministes. Je veux bien moi aussi trouver exagéré de prétendre qu’il y a un Marc Lépine en chaque homme, mais ce n’est pas une raison suffisante pour me faire m’emporter et hurler contre les féministes en écumant et en rageant de toutes mes forces! De plus, Villeneuve et Vanasse étaient là pour parler d’un film qui revenait sur les événements tragiques d’il y a 20 ans. C’était le temps de discuter intelligemment à ce sujet, et non de ramener sur le tapis des propos acides qui nous étaient restés de travers dans la gorge à l’époque pour en cracher de tout aussi vitrioliques à gauche et à droite. Vraiment, un exemple à suivre, ce Martineau.

Il ne fait tout simplement plus le poids, Martineau, mais il essaie tellement d’avoir raison sur tout que ça en devient pathétique. Il fallait voir l’émission Le 3950 du 10 novembre 2007 dans lequel il tentait de verbaliser l’humoriste Dieudonné pour en voir un exemple flagrant. Mais Martineau semble vraiment s’en foutre. Pour lui, l’important, c’est qu’on le voie, et l’entende.

À ce sujet, il me revient en tête la première médiatique du film L’Âge des ténèbres. Nous avions obtenu des billets pour l’occasion et étions installés aux plus hauts sommets de la Place des Arts. Mais la tempête de neige aidant, il y avait plusieurs bancs de libre au parterre, parmi les veuhdettes et tout le gratin artistique. Lorsque l’on nous a invités à descendre au niveau du tapis rouge tout juste avant le début de la projection, alors que tout le monde était assis bien sagement, je me suis fait bloquer par un individu gesticulant et prenant de l’espace en masse. Vous l’avez deviné : il s’agissait de Richard Martineau. Il bloquait le passage et semblait particulièrement exaspéré de me voir passer. Pouvait-il donc exister quelqu’un qui ne voulait pas entendre ses propos éclairés? Mais cela n’est pas tout. Après le visionnement du film, je suis tombé à nouveau dans les pattes de Martineau. Cette fois, il bloquait l’accès aux escaliers et semblait placé là plus dans le but d’être vu de tous que dans celui d’entretenir la conversation avec des amis. Il m’a fallu à nouveau le contourner et endurer son air asphyxié de mec réalisant qu’il n’est pas le centre d’attention de tout le monde autour de lui pour pouvoir quitter l’endroit et le spectaculaire bonhomme.

D’ailleurs, il ne se voit pas comme un simple quidam, ce Martineau. Il n’est pas un chroniqueur parmi tant d’autres au Journal de Montréal. Il est Lui, et il n’a pas raté la chance de le clamer haut et fort ce soir. Il a sorti un truc du genre « Je suis qui, moi? Je suis MOI! RICHARD MARTINEAU! MOI! » Vraiment, un grand moment dans sa carrière, les bras en l’air, heureux de nous faire découvrir à tous le bon Dieu dans sa personne, cette vérité qui nous manquait jusqu’à aujourd’hui.

À tous? Peut-être pas. Le 25 novembre 2006, je pondais un texte sur le site web de la ligue virtuelle de hockey dont je fais partie, et exceptionnellement, je donnais la plume à un autre que votre humble serviteur. Martineau venait de quitter le Voir pour le Journal de Montréal et j’en étais suffisamment troublé pour donner la parole à ce brillant esprit afin de résumer à sa manière mon plus récent match de hockey. Je viens de le relire, et franchement, c’est jouissif, surtout après avoir vu le vrai Martineau se donner en spectacle à TLMEP. Cliquez ici pour en savourer le contenu exclusif!