En fait, les remerciements s’adressent à François Létourneau et Jean-François Rivard, les auteurs (et Rivard à la réalisation) de la série Les Invincibles qui vient de se terminer ce soir. Fabuleuse série, merveilleuse même. Partout sur différents sites, des fans pleurent la fin de la série, d’autres en souhaitent fortement la suite et quelques-uns trouvent le moyen d’être sereins devant la conclusion des aventures de Carlos Fréchette et de ses amis. Je fais partie de ce dernier groupe. Malgré une tristesse évidente de ne plus avoir le privilège de suivre Les Invincibles, je ressens néanmoins une certaine sérénité face à la situation. La série de Létourneau et Rivard aura été, pour moi, le plus grand événement télévisuel des dix dernières années. Rien de moins!

Sans vouloir dévoiler ici la conclusion de l’intrigue, je marquerai toutefois ma grande satisfaction d’avoir eu droit, et de loin, à une bien meilleure finale que celle de Minuit le soir. Et contrairement à bon nombre de séries qui excellent à leurs premières saisons, les trois saisons des Invincibles n’ont jamais montré d’essoufflement. La troisième saison a atteint un niveau de qualité qui dépassait toutes mes espérances. Que les auteurs aient décidé conjointement d’y mettre fin et de s’assurer qu’il ne pourrait nullement y avoir de suite est une excellente idée. Trop souvent avons-nous vu des séries (québécoises ou américaines) traîner en longueur jusqu’à perdre l’essence même de ce qui les rendait si excellentes au départ.

Nombreux sont les moments qui passeront à l’histoire. Chacun aura ses préférés dans l’une ou l’autre des saisons. Personnellement, il y en a trop pour que je les énumère sans en oublier. À elle seule, la dernière saison a été si riche en émotions qu’elle aura contribué à rendre flou le souvenir des deux premières, ce qui ne fait qu’accroître mon désir de me procurer la série en DVD. Du tout premier épisode il y a quelques années au tout dernier de ce soir, l’ennui n’aura jamais été au rendez-vous une seule seconde.

Pas un seul des personnages n’avait les qualités pour que l’on s’attache à lui – ou à elle – et pourtant c’est exactement ce qui est arrivé au fil du temps. Je me souviens avoir détesté chacun des garçons, presque autant qu’il était permis d’haïr la fameuse Lyne-la-pas-fine. Puis, sans trop m’en rendre compte, je me suis pris d’affection pour Carlos, P-A, Steve et Rémi, jusqu’à espérer que tout s’arrange pour eux. Que je sois moi-même tombé dans le piège révèle la grande qualité de l’écriture du scénario. Car soyons franc : je suis un spectateur extrêmement difficile à contenter, et je devine trop facilement ce qui va arriver dans la majorité des séries et grand nombre de films. Mais Les Invincibles ne m’ont que très rarement permis de deviner à l’avance ce qui allait se passer. Par leur capacité continuelle à me surprendre, les auteurs méritent amplement que l’on souligne leur génie et je me joins à tous ceux qui le souhaitent pour leur lever mon chapeau. Bravo!

Je peine encore à croire que cette aventure est bel et bien terminée. J’aurai probablement besoin de me retaper le dernier épisode à quelques reprises sur le site web de Radio-Canada, question de bien m’en imprégner et de faciliter les adieux. Je doute énormément qu’on produise de la télévision d’aussi grande qualité avant un certain temps au Québec alors je tiens à pleinement savourer ce qui aura été du début à la fin une émission du plus haut niveau.

Et puis, pour terminer, je souhaiterais répondre à certains commentaires lus sur différents sites. Ils sont très minoritaires, mais pour quelques-uns, il semble que la série ait été absolument impossible à apprécier parce qu’ils ne se reconnaissaient pas dans les personnages. Ah bon? Et c’est un pré-requis? Je ne me suis pas non plus reconnu dans aucun d’entre eux au départ, n’étant ni comme Carlos, ni comme Rémi, ni comme Steve et encore moins comme P-A que je redoutais comme la peste. Mais malgré cela, j’ai embarqué à fond dans la série, et je me suis pris au jeu avec une facilité déconcertante. Il est vrai qu’au départ, je reconnaissais des gens faisant ou ayant fait partie de ma vie. Mais à la longue, l’évolution des personnages les a amenés à des endroits où il m’était impossible de nier toute ressemblance entre eux et moi. Au final, je me rends compte que la haine que je portais à chacun d’entre eux lorsque la série a débuté s’est transformée, comme les personnages eux-mêmes, et aujourd’hui je serais absolument incapable de les détester avec la même force qu’il m’arrivait de le faire lors des deux premières saisons. Ça aurait plutôt tendance à être le contraire.

Allez, adieu Phantoman, Capitaine Liberté, Magellan et Psyro! En espérant pouvoir lire vos aventures si l’équipe de la série a la bonne idée de publier la bédé « créée » par Carlos. Ce serait là faire plaisir à beaucoup, beaucoup de fans!