Au beau milieu de l’après-midi, alors que nous attendions l’arrivée du livreur de l’épicerie, j’ai aperçu en regardant par la fenêtre un impressionnant nuage de fumée. Comme le boulevard est très passant, les fenêtres de l’appartement sont continuellement sales et il m’arrive d’avoir l’impression qu’il y a un léger brouillard à l’extérieur. Mais cette fois, aucun doute possible: le vent faisait bouger cette fumée blanche et nous sommes trop loin de Rome pour croire, ne serait-ce qu’un seul instant, qu’un nouveau pape venait d’être élu. En un éclair, j’étais à la fenêtre pour y voir la confirmation qu’il s’agissait bel et bien de fumée et qu’elle provenait d’un endroit que je n’arrivais pas à bien voir.

Il n'y a pas de fumée sans feu...?

Il n'y a pas de fumée sans feu...?

Puisque nous sommes au premier étage et que le seul voisin du côté où la fumée s’échappe ne possède pas de barbecue, ce fut facile de conclure qu’il ne s’agissait donc pas d’une simple boucane provenant d’un barbecue en pleine utilisation. Ma première pensée fut qu’avec sa loi spéciale, Jean Charest avait finalement réussi de mettre la ville à feu et à sang.

Du smog, vous croyez?

Du smog, vous croyez?

Si c’était l’automne, je pourrais croire que c’est quelqu’un qui fait brûler des feuilles mortes… Qu’est-ce que c’est, mais qu’est-ce que c’est? On vient à peine d’arriver de l’extérieur, tout paraissait normal il y a quelques minutes à peine. Voilà maintenant qu’il y a encore plus de fumée!

Un voisin étudiant qui a le feu au cul, peut-être?

Un voisin étudiant qui a le feu au cul, peut-être?

Puisque la fumée monte, ça ne semble pas provenir de chez le voisin d’à-côté. Or, la fumée est à peine plus haute que le sol. Ce serait donc un des locataires du dessous qui flambe?

Cheech et Chong, alors?!?

Cheech et Chong, alors?!?

Même le trafic sur le boulevard ralentit, les gens regardent vers l’immeuble. Ça, ça n’est vraiment pas bon signe… Oh, mais tiens, voilà que je vois ce que c’est! En fait, moi je le sais déjà depuis un petit bout de temps, puisque je m’improvise photographe pour croquer l’événement. Car c’en était un! À un certain moment, il y avait tant et tant de fumée tout partout que les passants faisaient un détour et les totomobilistes klaxonnaient allègrement! Ils pout-poutaient quoi, vous demandez?

Ça!!!

Le dragon était en fait une tondeuze à gazon!!!

Le dragon était en fait une tondeuze à gazon!!!

Eh oui: une tondeuse!!! Que passait le concierge. Ce ne sont ici que quelques photos, puisque la batterie du Kodak a flanché (comme toujours) après deux photos, mais le jardinier fumant a tenté de raccourcir le gazon pendant près d’une heure, ce qui m’a donné le temps à la pile de l’appareil-photo de recharger. Faut dire qu’il pratiquait toute une méthode: une moitié de « rangée » de gazon, une pause, trois cigarettes (la fumée, c’est son hobby!), une autre moitié de rangée de gazon, trois autres cigarettes. Il a fini par déclarer forfait, à moins que ce soit la tondeuse qui ne l’ait fait à sa place, toujours est-il que le quart du terrain de devant est tondu. Ça fait malpropre, vous dites? Bah: ça fait Montréal. Manquerait plus juste quelques trous, une partie du mur de briques qui s’effrondre et un politicien quelconque qui affirme que tout va bien et l’illusion serait parfaite…